"Urgewalt"
Note : 17/20
Asenblut reprend les armes. Deux années après leur dernière bataille, Tetzel (chant, All For Metal), Balrogh (batterie, Soul Grinder), Sash (basse), Chris (guitare) et Alex (guitare) signent chez Massacre Records avec qui ils sortent leur sixième album, "Urgewalt".
L’aventure débute avec l’épique "Urgewalt", première composition qui démarre avec des orchestrations guerrières menant aux riffs furieux et saccadés puis à la voix puissante du commandant de la troupe qui mène l’assaut avec brio, rencontrant toujours plus de samples notamment sur les refrains avant la nouvelle charge. La mosh part lourde permettra sans aucun doute de beaux mouvements de foule avant un solo parfaitement exécuté, puis la dernière percée nous emporte vers "Asgards Ruf", titre suivant qui va lui aussi nous précipiter au coeur de la bataille grâce à des influences folk qui s’allient à la perfection avec la base de death mélodique. Les harmoniques guident les riffs acérés du groupe qui propose un son particulièrement entraînant tout comme sur "Der Druide" où l’on retrouve une pointe de mélancolie, et où le groupe accueille Sagenrbinger pour renforcer la section vocale, développant presque une pointe de black / death. Le quintette enchaîne avec "Das Ende Der Pflicht", titre qui reste dans la tradition de leur style et qui s’autorise même quelques emprunts au power metal dans les leads, et reviendra à des sonorités fédératrices sur "Barbaren Und Legionen", titre où ils retrouveront le vocaliste du groupe Victorius qui contribue avec son chant clair à développer la même touche que sur le titre précédent.
La double voix est particulièrement efficace, puis les tonalités festives sont de sortie pour "Tavernenrausch", morceau où les Allemands accueillent leurs compatriotes de Mittel Alta pour apporter une part de noirceur surprenante à leur ôde à la boisson. La composition passe toutefois assez vite à "Drei Flüche" qui revient à l’approche solide et sérieuse via une rythmique assez simple sur laquelle vocaliste et leads se relaient pour nous tenir en haleine avant que "Blut Für Den Blutgott" ne nous fasse naturellement dresser le poing et secouer frénétiquement le crâne. L’intégralité de la composition nous fera mal à la nuque, mais "Bruderschaft" sera loin de nous offrir une pause en proposant un titre accrocheur à souhait qui mêle agressivité et noirceur malsaine pour mieux déboucher sur "Loki", le dernier morceau qui va lui aussi accélérer sans attendre et proposer des riffs solides dédiés au dieu de la malice et refermer l’album.
D’aussi loin que je connaisse Asenblut, le groupe a toujours proposé des compositions efficaces, et "Urgewalt" peut fièrement trôner aux côtés des anciens albums tout en offrant au groupe une nouvelle poignée de compositions pour renforcer ses setlists.
"Entfesselt"
Note : 15/20
Il arrive parfois qu’un groupe trouve enfin sa voie, son style, et se tienne à cela album après album. Asenblut fait exactement cela avec son cinquième album en carrière. Le groupe propose à nouveau du black / thrash metal à saveur gothique, à la différence près peut-être que cette fois-ci, le tout est beaucoup plus direct.
Le tout demeure somme toute encore mélodique, surtout au niveau des guitares, mais les pièces dans l’ensemble sont plus intenses, sans trop de variantes entre les morceaux, et avec des passages black prononcé, et blast beat furieux à l’appui.
Peut-être est-ce moi qui m’habitue au son d'Asenblut ou bien l’effet de surprise commence à se dissiper, mais je crois que cet album est plus linéaire, sans grandes surprises, comparé aux précédents.
Ce n’est pas en soi une mauvaise chose et les amateurs de ce genre de black / death plus mainstream seront ravis. Il y a encore des riffs de guitare à la tonne, avec des growls puissants, le tout porté par une production sans faille. Je serais même tenté d’amener dans la discussion le mot "pop", comme en témoigne la plus enjouée et accessible "Arm In Arm". Mais n’ayez crainte, le groupe ne s’assagit pas pour autant et la mesquine "Hexengericht" et ses influences black old school est là pour nous le rappeler.
Je faisais donc l’éloge de la continuité en début de chronique et "Entfesselt" n’y fait pas exception. Le futur nous dira si Asenblut se retrouve confortable dans cette approche, ou si le désire de surprendre sera plus fort que le statu quo.
"Die Wilde Jagd"
Note : 18/20
Rien de mieux pour débuter un album que d’y mettre le paquet, de déposer cartes sur table et de lancer les hostilités sans avertissement. Le quatrième album complet d’Asenblut démarre sur les chapeaux de roues avec en tête d’affiche l’éponyme "Die Wilde Jagd" (la chasse sauvage), déroulant devant elle un tapis noir de black metal à saveur viking, agressif et malsain à souhait.
Cela demeure pour moi les 5:13 de musique les plus denses et les plus dynamiques qui m’aient été données d’entendre depuis belle lurette. Le souffle déjà coupé, le groupe vous prend à la gorge et vous balance, sur fond de blast beats déjantés, la gigantesque "Codex Gigas". D’ailleurs, par sa forme, cette pièce vient encore une fois me rappeler l’un de mes groupes préférés du genre, à savoir Eternal Tears Of Sorrow (d’ailleurs si quelqu’un peut me dire quand ETOS nous fera l’honneur d’un nouvel album, je vous ferai le cadeau de mon éternelle (sans mauvais jeux de mots) reconnaissance… mais je m’égare).
Formée en 2006, la formation allemande n’en est qu’à son quatrième album en carrière, cependant je n’y vois pas ici un défaut. Il transparaît dans "Die Wilde Jagd" un souci de présenter le meilleur de ce que le groupe a à offrir. Il serait facile de faire dans la simplicité avec ce genre de metal, d’y aller à coup de riffs répétitifs masqués sous une section rythmique hystérique et sans âme. Asenblut évite ce piège et s’assure de garder l’auditeur en alerte avec des arrangements intelligents et un niveau de dynamisme élevé.
Dans le même ordre d’idée, autant certaines formations du genre se plaisent à produire des albums à la sonorité douteuse, ici, Asenblut s’est doté d’une production de premier niveau toute en puissance. Signée sous l’étiquette AFM, la formation détonne dans le catalogue du label, qui nous a habitués à plusieurs groupes de power metal, tous plus interchangeables les uns des autres.
"Die Wilde Jagd" se dévoile sous presque 53 minutes de matériel, avec des pièces en moyenne dans les 5 minutes. Cela n’est pas toujours une bonne nouvelle, surtout lorsque l’on a affaire à du black ou du death metal, le risque que le tout devienne rapidement répétitif demeure plus que plausible. Il existe une continuité entre les différents morceaux de l’album, lui procurant son identité propre, et au final, il en ressort des arrangements et une composition de morceaux d'une variété fort appréciables.
D’ici à ce qu’Eternal Tears Of Sorrow nous fasse enfin l’honneur de sortir de l’ombre, Asenblut se veut la solution toute indiquée pour patienter sans souci.
"Berserker"
Note : 17/20
Quarante secondes sont nécessaires pour deviner l’identité d'Asenblut. Du metal viking digne de Månegram, Ensiferum et SuidAkrA. Les Allemands, tout comme les Suédois de Finntroll, s’expriment dans leur langue. Petite parenthèse culturelle, j’ai toujours trouvé que certaines langues autres que l’anglais se mariaient bien avec des styles de metal en particulier, comme le français et l’espagnol pour le power metal, et le suédois et l’allemand pour le metal plus violent, de par le côté plus "brutal" de la langue.
La pièce "Titanenerbe" (littéralement "patrimoine des titans") porte bien son nom puisque le morceau est effectivement titanesque à souhait. Certains sites spécialisés dans le metal classent Asenblut dans la catégorie du thrash. Pourtant, le groupe est clairement plus près du black et du death même s'il est facile dans plusieurs passages d’y entendre des influences plus proches du thrash. De ce fait, la musique d’Asenblut s’en trouve au final plus riche, plus complète. Les attaques rapides de guitares, les blast beats à outrance et le chant agressif en raviront plus d’un. D’ailleurs, niveau guitare, leur son est sublime. Une tonalité bien définie, tranchante et pesante à la fois.
Les claviers d’"Offenbarung 23" (Révélation 23) en subjugueront plus d’un et vous feront croire à l’introduction d’une pièce classique de Children Of Bodom. Comme je le mentionnais plus tôt dans cette chronique, les comparaisons faites ici le sont pour faire comprendre au lecteur combien la musique d’Asenblut est diverse et à quel point les membres du groupe ont fait tout un travail de composition pour sortir du lot. Non, ils ne réinventent en rien la roue et pourtant, j’ai drôlement apprécié le contenu de ce "Berserker". Ce qui m’énerve le plus souvent avec le back metal a été évité ici. Il y a assez de variété et de dynamisme dans la musique du groupe pour que l’ensemble soit diversifié et jamais ennuyeux. Avec un tel niveau de qualité, ce groupe sera rapidement celui auquel on pensera lorsque viendra le temps de faire des comparaisons avec les petits nouveaux du genre. Une belle découverte pour ma part.
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