Le groupe
Biographie :

Cult Of Erinyes est un groupe de black metal belge formé en 2009 et actuellement composé de : Corvus (guitare, basse, clavier / Monads, Wolvennest, ex-Psalm) et Déhà (chant / Acathexis, COAG, Déhà, God Eat God, God Enslavement, Imber Luminis, Maladie, Merda Mundi, Schmerz, Slow, Sorta Magora, The Penitent, We All Die (Laughing), Wolvennest, Yhdarl, Ignifer, ex-Black Sin, ex-Deviant Messiah, ex-Sources of I, ex-Ter Ziele, ex-Vaer, Aardling, Aurora Borealis, Detrvire, Lidden, Nadddir, ex-Clouds, ex-DunkelNacht, ex-Ithilien, ex-K.F.R, ex-Lebenssucht, ex-Deos, ex-Wunde, ex-Alenda, ex-Anal Cuntrona, ex-AutoDestructionNeeded, ex-Eat Their Crusts, ex-GigaPenzor, ex-Jah El Camino, ex-Khel, ex-NØD). Cult Of Erinyes sort son premier album, "A Place To Call My Unknown", chez Les Acteurs De L'Ombre Productions en Avril 2011, suivi de "Blessed Extinction" en Octobre 2013 chez Code666 Records, de "Tiberivs" en Mai 2017, et de "Æstivation" en Décembre 2019 chez Amor Fati Productions.

Discographie :

2010 : "Golgotha" (EP)
2011 : "A Place To Call My Unknown"
2013 : "Blessed Extinction"
2016 : "Transcendence" (EP)
2017 : "Tiberivs"
2018 : "Veneer" (EP)
2019 : "Æstivation"


Les chroniques


"Æstivation"
Note : 17/20

Si vous cherchiez un peu de douceur pour vos oreilles, ça tombe bien, les Belges de Cult Of Erinyes ont sorti "Æstivation", leur quatrième album et donnent toujours dans un black metal bien sale et noir, exactement ce qu'il vous faut ! Trève de plaisanteries, le groupe a tendance à durcir le ton au fil des albums et ce nouveau méfait ne déroge pas à la règle.

Le black metal de Cult Of Erinyes n'a jamais lésiné sur la violence et la vitesse mais il était souvent contrebalancé par des passages plus lourds, noirs et malsains. C'est toujours le cas mais en prenant de la bouteille, le groupe se fait de plus en plus virulent et sa violence devient de plus en frontale. "Death As Reward" ouvre l'album de façon bien glauque avant de ruer dans les brancards avec des riffs bien froids surmontés de blasts rageurs qui ne font pas de prisonniers. Une approche raw et direct du black metal qui se ressent d'ailleurs de plus en plus dans la production, on est passé d'un son caverneux et grave à quelque chose de plus tranchant et sale. La personnalité du groupe est toujours là et en plus de devenir plus virulente, sa musique devient aussi de plus en plus noire et glauque, les passages lourds sont très malsains et la noirceur qui se dégage de l'album est impressionnante. Disons que le groupe a appliqué la formule Monsieur Plus et les passages violents sont encore plus violents et pareil pour les passages lourds et malsains. Plus le temps passe, moins ça rigole chez Cult Of Erinyes et son black metal fait autant référence à celui des origines qu'à celui un peu plus moderne avec ces fameuses dissonances sans jamais se départir d'une optique roots et raw. Ici, on se fout d'entrer dans un quelconque carcan, le but est simplement de souiller vos oreilles et votre âme et on peut dire qu'il est atteint. Même quand le groupe lève le pied, et cela arrive plus d'une fois, l'intensité est là et vous écrase sous une épaisse couche de crasse et de sang sans vous laisser respirer. Même sans avoir forcément accélérer la cadence ou multiplier le nombre de blasts, le groupe arrive quand même à nous agresser plus fort, à être plus dur, peut-être justement par le biais de cette production plus sèche.

Toujours est-il que "Æstivation" fait son travail de sape de façon très efficace et que même si sa durée n'a rien d'excessif, vous allez le sentir passer. C'est l'intensité de la bête qui la rend éprouvante, sa façon de ne jamais relâcher la pression même dans les passages les moins brutaux. Quand le rythme se calme, ce sont les ambiances quasi rituelles qui prennent le relais pour bien plomber l'ambiance et étouffer au maximum le malheureux qui passerait par là. Quelques mélodies font leur apparition sur "Healer-fever" et apportent une beauté froide bienvenue au milieu de toute cette oppression même si évidemment cela dure pas. Chassez le naturel, il revient au galop et Cult Of Erinyes ne tarde pas à nous emmener de nouveau dans les bas fonds d'un black poisseux et malsain. Les morceaux sont tous assez longs et vous allez donc avoir le temps de passer d'un extrême à l'autre et de subir des montagnes russes qui, au vu des ambiances développées, doivent se trouver dans un parc d'attraction sacrément dégueulasse ! Comme si ça ne suffisait pas, le groupe s'amuse à terminer l'album sur un pavé de neuf minutes qui fait encore monter la pression avec des parties de chant hurlées et bien possédées qui rendent le tout encore plus malsain, désespéré et oppressant. Pour le coup, ce morceau, "Nihil Sacrum Est" de son petit nom, déchaîne une violence bien plus appuyée que le reste de l'album et décide d'enfoncer le clou à grands coups de masse ! Une bonne façon d'achever ceux qui seraient restés debout en se prenant le reste de l'album et de s'assurer d'avoir tout rasé sur son passage.

Un nouvel album encore plus méchant que ses prédécesseurs avec une production plus sèche et une tendance plus marquée à l'agression. Cult Of Erinyes continue son évolution et trouve le moyen de durcir encore le ton sans renier quoique ce soit de sa personnalité et sans rogner sur les ambiances.


Mathieu
Juillet 2020




"A Place To Call My Unknown"
Note : 16/20

Palpable est la noirceur dégagée par "A Place To Call My Unknown", elle nous attire, nous fait tomber dans les abysses avant de nous faire tourbillonner. C’est alors que nous sommes libres d’explorer l’enfer de ce disque comme bon nous semble. "Call No Truce" ouvre l’album de manière assez traditionnelle, des arpèges dissonants sont suivis de riffs monotones, noirs, épiques, explosifs sous l’impulsion d’une batterie soutenue et d’une production à la fois moderne et lourde. Les passages ambiants, portant une voix claire dont l’écho résonne dans les abysses, rempart contre la lumière, celle que l’on voit s’éloigner au dessus nous alors que l’on descend... On reconnaît des influences de Darkthrone et de Darkspace dans cette musique mais avec cette touche à la fois personnelle et visuelle.

"Insignificant" nous fait toucher le fond. Le riff principal est entêtant, les passages ambiants, dotés d’harmonies mettant en valeur la beauté du vide et de la perdition, attirent. On se croirait au milieu d’un trou noir. La recette est la même qu’avant mais les images ne sont plus les mêmes. Désormais, on sait que l’on pourra explorer librement l’enfer de cet album, la porte a été franchie, la descente est terminée. Découvrez, observez, ce monde nouveau qui s’offre à vous, cette île de ténèbres, ce "Island" où le mot espoir n’a jamais existé. Une lente exploration doomy, puis des riffs décadents, puis des arpèges à la guitare claire tels une illusion de beauté. Mais le black metal de nos hommes ne disparaît jamais et il réapparaît alors, rappelant ce que sont les lieux que vous explorez. Des lieux de sadiques ténèbres, mis en musique par des riffs monotones, rapides, pointus sur "A Thounsand Torments". Des lieux de guerre, où l’on se rend compte qu’il n’y a plus d’échappatoire et où l’on crie avec cette voix claire notre désespoir. Une musique toujours faite pour ne le rappeler, "Velvet Oppression" exprime cela.

Capable d’entraîner la claustrophobie dans le vide, la magie qu’est cette noirceur semble prendre une forme encore plus radicale avec "Black Eyelids", nous apprenons et dansons frénétiquement sous le son de ces percussions rapides. La fin du voyage est tantôt brute, tantôt fantomatique. Un chaos sourd s’installe. C’est un passage de dark ambiant mais le black metal ne quittera jamais l’œuvre, il est ici un lointain paysage qui gangrène de manière inquiétante votre champ de vision, tel ces lointains nuages atomiques, annonciateurs de l’apocalypse de et de la désolation prochaine. Et au milieu de tout cela, "Permafrost" sépare en deux parties cette œuvre. Il s’agit d’un interlude ambiant, sans black metal. Pourquoi ? Je dois admettre que cela m’échappe et je trouve cela dommageable à l’ensemble de l’album. Pas que ce soit une mauvaise piste mais, elle ne convient pas à ce voyage. Peut-être que dans ce voyage au milieu du chaos, la cohérence n’est pas de mise.

Tout semble avoir été dit. La formation a réussi ici à utiliser un son "néo" black metal pour en sortir un black metal dans les traditions passées. Derrière une apparence puissante et soutenue se cache une œuvre atmosphérique. Les passages ambiant sont placés de manière cohérente et il en ressort une galerie d’images extrêmement noires et nous voyons alors des lieux qui, on l’espère, ne peuvent être. "A Place To Call My Unknown" n’est pas un classique ou le meilleur des albums de black metal. Il ne plaira sans doute pas à tout le monde mais il réussit à aller au bout de sa démarche comme peut savent le faire, et pour cela, il s’agit d’une des meilleurs sorties black metal de l’année. Il faudra suivre ce jeune groupe qui met en application tout ce qu’il dit.


Robin
Juin 2011


Conclusion
Le site officiel : www.facebook.com/cult.erinyes