Le groupe
Biographie :

Originaire de Milan en Italie, Destrage est un compromis entre le melodeath européen, le thrash / hardcore américain et le rock 'n' roll. Le groupe, formé en 2005, est influencé par In Flames, Slipknot, Soilwork, Nevermore, The Haunted, Trivium, Darkane, Protest The Hero, The Dillinger Escape Plan, Snot. Après un premier album paru au Japon en 2007, le deuxième, "The King Is Fat'N'Old", sort en 2010 chez Coroner Records. Deux ans après " Are You Kidding Me ? No." (2014 - Metal Blade), " A Means To No End" voit le jour, suivi de "The Chosen One" en 2019.

Discographie :

2007 : "Urban Being"
2010 : "The King Is Fat'N'Old"
2014 : "Are You Kidding Me? No."
2016 : "A Means To No End"
2019 : "The Chosen One"


Les chroniques


"The Chosen One"
Note : Epilepsie/20

Destrage fait partie de ces groupes (aux côtés de Thy Catafalque notamment) dont je reconnais volontairement le talent voire le génie mais que je ne peux écouter au-delà d’un certain nombre de minutes. Pourquoi ? Pour préserver ma santé mentale très certainement. Rien d’insultant dans ces propos, si j’apprécie ce genre de musique sur quelques titres, l’écoute d’un album entier m’entraîne vite vers l’asphyxie et la terrible envie d’en sortir. Forcément quand, après trois ans d’absence, Destrage dévoile un nouvel album : oui, je m’en vais l’écouter. Mais je dois m’y prendre à plusieurs fois pour terminer une écoute.

Il faut dire que le metal progressif que délivre Destrage depuis 2002 est très épileptique. Imprévisible à chaque instant, instable sur toute la longueur. Pourtant, je ne sais guère si "The Chosen One" est le plus accessible des albums de Destrage ou le moins accessible. Et j’ai beau tourner la question dans tous les sens, lorsque je trouve un argument en faveur de l’un ou de l’autre de ces affirmations, un second vient contredire le premier. Alors contentons-nous de dire qu’en un melting-pot de styles tout aussi alambiqué les uns que les autres (du djent au mathcore en passant par des touches funky ou groovy), "The Chosen One" accouche de huit titres lors desquels le chant clair s’échappe tel un salut au milieu du chaos ambiant ("About That", "Mr. Bugman"). En 37 minutes 37 secondes, Destrage ne nous livre pas trente-sept titres mais huit titres comptant bien plus de trente-sept loopings.

Finalement, “farfelu”, “savant” ou “déjanté”, n’importe quel qualificatif et sobriquet, ou presque, pourra se prêter parfaitement à cet album. Alors, il ne reste plus qu’à trouver celui qui lui collera mieux selon votre oreille !


Rm.RCZ
Février 2020




"A Means To No End"
Note : 17,5/20

Regardez-moi cette pochette ! Un fond noir et verdâtre sur lequel viennent se poser des étincelles blanches et une petite fille en noir et blanc avec quatre papillons colorés vulgairement collés sur ses yeux. Cette image, c’est l’exacte représentation de la musique de Destrage : un mélange de tout et de n’importe quoi, le point exact où se rencontre le metalcore, le death mélodique, le progressif, l’alternatif, le funk… En bref, une alliance des genres calculée !

La première piste qui porte le nom de l’album se place à mi-chemin entre la vraie musique et l’introduction. Avec une durée de plus de trois minutes, on ressent tout de même qu’elle est là dans le but de poser le décor. Et puisque je découvre Destrage avec cet album, autant dire qu’il y a une carte à jouer avec cette introduction. Le groupe réussit son pari puisque la voix claire et fantomatique sur fond à la guitare acoustique me donne envie d’en savoir plus. Avec "Don’t Stare At The Edge", adieu le chant clair et les guitares acoustiques, bonjour le scream et l’électricité ! Je fais face à quelque chose de difficilement descriptible mais de rapidement accrocheur, c’est rapide mais c’est mélodieux, ça gueule mais ce n’est pas violent… Un savant mélange que le groupe propose. Là où le groupe fait très fort, c’est qu’il ne fait pas la musique pour faire de la musique, ce n’est pas juste du chant posé sur trois accords. Il suffit d’écouter les introductions de "Symphony Of The Ego" et de "Silent Consent" pour comprendre que le groupe expérimente des choses qui personnellement ne me laisse pas indifférent (dans le bon sens du terme). Le groupe marque également un point sur la voix. Plus l’album passe, plus la voix devient familière, plus l’attachement se fait fort. Celle-ci semble réellement unique que ce soit dans sa clarté la plus pure, dans son côté mystique ou dans son hurlement. Plus loin le groupe se pose avec le morceau instrumental "Ending To A Means" qui peut être vu comme un moment de transition puisqu’il arrive pile au milieu de l’album qui reprend ensuite tranquillement son cours avec "Peacefully Lost".

Avec Destrage, les morceaux se suivent et ne se ressemblent pas, bien que l’ensemble reste plus que cohérent. Si j’avais un titre à choisir tout de même, ce serait "Blah Blah" parce que… Je n’ai pas d’argument, tout simplement parce que cette compo en particulier c’est du Destrage et personne d’autre ! Ne manquons pas pour autant la traditionnelle ballade avec "A Promise, A Debt", à écouter pour découvrir le groupe sous un autre angle. En résumé, Destrage balance un album plus qu’exemplaire. La qualité est là, la diversité est là, tout y est. Et ce groupe semble ne pas avoir fini de surprendre.


John P.
Juillet 2017




"Opaque"
Note : 15,5/20

Le metal moderne ne m'aura jamais autant plu qu'avec Destrage. Ces Italiens n'ont pas choisi le style dans lequel il voulaient évoluer alors, tant pis ils ont joué tout en même temps parce que "The King Is Fat'N'Old" est une grande tambouille de metal mélodique, hardcore moderne, neo metal, de thrash, de death melo, de rock avec une puissance de feu phénoménale. Produit, mixé et masterisé au Metal House studio avec Ettore Rigotti (Disarmonia Mundi) où il est passé lui-même pour son quatrième album, le son de Destrage n'a rien à envier à Soilwork ou Disarmonia Mundi d'ailleurs. C'est une production, voire une superproduction ultra boostée et destructrice... Le style de Destrage est très eclectique, parce que sur les premiers titres ils crachent la puissance d'un mélo rock ultra groovy, avec des vocaux mis au goût du jour. Du chant clair forcément sur les refrains et un chant à la Bjorn Speed, pour les couplets. "Twice The Price" entame la suite avec un petit passage anecdotique très catalan où les châteaux d'Espagne défilent devant nos yeux l'espace d'un court instant pour vite revenir à l'agressivité mélodique.

Ouais, les premiers titres sont dans la veine de Soilwork et Disarmonia Mundi, il n'y a pas à chercher bien loin. C'est à partir de ce morceau que l'affaire se corse. Le chant du refrain commence à venir chiner du côté de Linkin Park, heureusement qu'on revient vers le trip catalan en milieu de morceau. Avec la suite de l'album on va de surprises en surprises et même si on se dit que Destrage mange à tous les rateliers, c'est super bien fait qu'en fait ça passe tout seul et on adore. "Jade's Place" c'est du rock avec une rythmique poilue, des trips presque à la Aerosmith de "Walk This Way" et des trucs de la dernière année. C'est chaud bouillant les enfants !!! Et vu qu'on a un groupe jeune, j'ai bien cru à un moment qu'on allait avoir la ballade opportuniste avec "Neverending Mary", mais en fait c'est juste le début et le refrain qui fait truc d'amour à la Linkin Park ou Hoobastank, le contenu des couplets envoie la purée comme jamais, le hachis parmentier n'a qu'à bien se tenir... Arrivé à la moitié de l'album, on sent bien qu'il n'y a pas de personnalité particulière mais l'album est une pure tuerie de mélodies énergiques et puissantes. "Back Door Epoque" éclate le derrière comme si on se prenait un shoot avec les bottes de sept lieux, les vocals transpirent les phéromones, c'est définitif, c'est du couillu.

C'est en attaquant la deuxième partie que Destrage s'est montré encore plus violent, presque dans une voie mélocore, en gardant cet aspect Soilwork, les Italiens se permettent des petits breaks de dingues, avec des accélérations encore plus groove que celles du début. Sérieux comment ne pas se dire que leur musique tient largement la route, malgré cette absence d'identité... Mais à un moment donné j'en suis à me demander si justement le fait d'avoir pioché un peu partout dans toutes les scènes à grosses guitares, cela ne leur ai pas justement bénéfique. Ils créent une osmose particulière qui finalement leur sert à être assez singulier. Parce que finalement c'est tout simplement un album riche et savoureux que nous avons là, les rythmiques de "Collateral Pleasure" prennent encore au neo-metal mais pour une fois...J e l'assumerai plus tard, mais j'aime, j'aime vraiment, c'est super bon !!!

Bon j'arrête là mes descriptions à deux balles pour chaque titre parce que jusqu'à la fin ça monte en qualité, en puissance, et l'accroche se fait toujours plus insistante... C'est un groupe d'aujourd'hui, avec que des qualités... En tous les cas pour cet album. Une sortie automnale bien délicieuse pour ma part... Les derniers titres m'ont littéralement tués, techniques, mélodiques, rapides... "Panda Vs Koala" va même frapper à la porte de Arch Enemy... Un mélange entre Soilwork, Linkin Park, Nickelback et consorts au service de la bonne musique... Grosse sortie pour ma part.


Arch Gros Barbabre
Octobre 2010


Conclusion
Le site officiel : www.destrage.com