Le groupe
Biographie :

Djevel est un groupe de black metal norvégien formé en 2009 et actuellement composé de : Mannevond (basse, chant / Koldbrann, Nettlecarrier, Enthral, ex-Carnifex, ex-Delirium Bound, ex-Urgehal, ex-Vidsyn, ex-Endstille), Trond Ciekals (guitare, chant / Nettlecarrier, ex-Ljå, ex-Neetzach), et Faust (batterie / Blood Tsunami, Studfaust, Scum, ex-Bomberos, ex-Decomposed Cunt, ex-Mongo Ninja, ex-Stigma Diabolicum, ex-Aborym, ex-Emperor, ex-Hesperus Dimension, ex-Thorns). Après un premier album sorti en 2011 ("Dødssanger") chez Aftermath Music, Djevel réalise un EP en 2012 ("Besatt Av Maane Og Natt") annonciateur du deuxième album du même nom sorti en Mai 2013, toujours chez Aftermath Music. Le troisième album, "Saa Raa Og Kald", sort en Avril 2015, suivi de "Norske Ritualer" en Novembre 2016, de "Blant Svarte Graner" en Mars 2018, et de "Ormer Til Armer, Maane Til Hode" en Octobre 2019.

Discographie :

2011 : "Dødssanger"
2012 : "Besatt Av Maane Og Natt" (EP)
2013 : "Besatt Av Maane Og Natt"
2015 : "Saa Raa Og Kald"
2016 : "Norske Ritualer"
2018 : "Blant Svarte Graner"
2019 : "Ormer Til Armer, Maane Til Hode"


Les chroniques


"Ormer Til Armer, Maane Til Hode"
Note : 15/20

Formé par pas mal de vétérans du metal extrême norvégien, Djevel distille un black metal resté bloqué dans les 90's depuis son premier album "Dødssanger", ce qui soit dit en passant n'est pas un reproche. Les groupes pratiquant ce style n'étant plus parmi les plus nombreux avoir un très bon représentant supplémentaire n'est pas de refus. Toujours est-il que la bande de joyeux lurons est de retour avec "Ormer Til Armer, Maane Til Hode" et qu'il ne va pas falloir s'attendre à des chansons à boire.

De longs morceaux, des ambiances évoquant les forêts norvégiennes sous la neige, une prédominance logique du froid et des guitares tranchantes comme des rasoirs. Pas de doute, nous sommes bien dans du black metal pur et dur comme le pratiquaient pas mal de groupes norvégiens au début des années 90 avec les premiers Enslaved, Satyricon, voire les premiers Burzum pour certaines ambiances. Un black metal bien plus froid que haineux même si les blasts ne se font pas prier pour montrer le bout de leurs BPM. D'ailleurs, le titre éponyme ouvre l'album et ne prend pas de gants puisque le groupe attaque directement par des blasts sur fond de riffs froids et incisifs, pas d'intro pour commencer en douceur. Sur ces six minutes, Djevel ne lève que rarement le pied et quand il le fait, c'est pour balancer de bon gros tapis de double ou du mid-tempo glacial. On sent de suite que ce ces gars connaissent leurs classiques, l'esprit des origines transpire par tous les pores et l'inspiration norvégienne inimitable est bien là. On en a entendu beaucoup qui ont essayé de retrouver les ambiances particulières de cette scène qui a quasiment disparu aujourd'hui sans réussir pour autant à mettre le doigt sur ce qui faisait sa particularité, Djevel y arrive et ce nouvel album est un manifeste de plus à ajouter à l'édifice du black norvégien de tradition. Vous vous doutez bien que si vous cherchez du neuf vous êtes tombés au mauvais endroit mais "Ormer Til Armer, Maane Til Hode" n'en reste pas moins un album digne d'intérêt puisque le black metal qu'il délivre est clairement habité. Les riffs sont excellents et tous très froids, l'agressivité est bien présente et les mélodies glaciales font leur effet.

Le chant bien arraché de Mannevond en rajoute une couche et ne laisse lui non plus pas le moindre doute quant à la sincérité du groupe. La longueur des morceaux permet à Djevel de rendre son black metal vivant puisque le groupe ne tombe pas dans le piège du riff répété à outrance. On passe du blast au mid-tempo en se prenant des passages lourds et bardés d'arpèges tout droit sortis du congélateur et les cinquante-six minutes que dure ce nouveau méfait passent comme une lettre à la poste. Quand il est bien fait et sincère, le black metal a tout du gouffre spatio-temporel et ce nouvel album fait partie de ceux qui vous emmènent avec lui loin, très loin, là où l'herbe ne repousse pas tant le gel l'a brûlée. De discrets choeurs en chant clair font leur apparition sur "Ved Hildr's Haand For Hel" et ajoute au dépaysement et à l'impression de se retrouver en plein cœur des forêt norvégiennes. On retrouve le même chant clair sur « Det eders herre lover er mer enn hva mennikset taaler » avec cette réverb qui donne l'impression que cette voix nous arrive de loin et qui amplifie encore une ambiance décharnée et froide. Un morceau qui se termine d'ailleurs par des riffs bien black / thrash qui contrastent sévèrement avec l'ambiance plus posée et mélancolique entendue quelques minutes plus tôt. C'est en fin d'album que Djevel lève d'ailleurs un peu le pied et alourdit l'ambiance en lançant des riffs et des arpèges dont la température affiche bien en dessous de zéro.

Un nouvel album dans la droite lignée de ses prédécesseur pour un groupe intègre qui ressuscite avec brio les origines du black metal norvégien du début des années 90. Plus froid et violent que malsain, Djevel fait preuve d'une puissance assez destructrice quand il décide de s'énerver et trouve une fois de plus le moyen de développer des ambiances glaciales et sylvestres le reste du temps. Pas de raison de bouder cet album si vous avez aimé les précédents ou si les grands anciens du black norvégiens à la Satyricon ou Enslaved première période vous parlent.


Murderworks
Novembre 2019




"Blant Svarte Graner"
Note : 18/20

J’aime Djevel. Beaucoup. Autant le dire dès à présent, ça évitera les confusions. C’est assez ironique d’ailleurs, j’ai attendu cet album avec une impatience palpable et puis… la vie a fait qu’au final, je ne l’écoute que des mois après sa sortie. Et c’est sacrément frustrant intérieurement. Djevel est donc un groupe norvégien de black metal qui trace son chemin depuis quelques années avec la finesse d’un bulldozer dans une forêt de pins. C’est un véritable rouleau compresseur qui met tout le monde d’accord, et qui arrive à réconcilier les puristes du black avec des fans plus modernes. Je n’ai pas encore rencontré quelqu’un qui crache à la gueule de Djevel, juste un perpétuel débat pour savoir qui est meilleur entre Ljå et Djevel, et c’est souvent un débat qui se termine avec moi protestant qu’on ne devrait pas avoir à choisir entre les deux… Mais cette vénération a un risque : la chute. Le groupe a eu quelques changements de line-up cette année, on va donc voir ce que ça donne.

On commence donc avec "Saa Begynner Det". Oui, en effet. Djevel prend ici un petit risque en débutant sur une touche très instrumentale, à grand renfort de guitare accoustique. C’est le moment où on trépigne en attendant la suite. Et quand vient "Her Er Ikke Spor Af Mennesker", c’est l’explosion de joie quand on reconnaît la patte très familière du groupe. Djevel, c’est un groupe tellement consistant dans ces productions, tellement affirmé dans son identité… je suis directement mise en joie, ça aura pris moins de 5 minutes. On retrouvera le traditionnel côté anti-religion / Satan / insérer ici la haine des religions très propre au black sur "I Denne Gamle Falne Kirke" qui fait une nouvelle fois un travail remarquable dans l’instauration de l’atmosphère. C’est très Djevel, ce côté très rentre-dedans à la limite du punk, tout en cultivant des racines traditionnelles black. Je vais donc ressortir ce terme de black and roll qui ne convient pas totalement, mais qui résume un peu la situation.

Mais Djevel ne se résume pas à un groupe qui martèle sans arrêt. On avait déjà eu le droit à des moments privilégiés sur le précédent album, mais le groupe retente l’expérience avec "Paa Vintersti Skal Hun Synge En Gravsang Som Aldrig Ender" qui se fait moins agressif, plus posé. Certains diront probablement que c’est un défaut, mais j’ai de plus en plus tendance à apprécier ce genre de titres, qui prennent leur temps mais qui n’en imposent pas moins. La batterie est tout en nuances, et les vocaux semblent presque raconter une vieille histoire dont on aura oublié le contenu au travers des âges. Que les fans de la première heure se rassurent, Djevel n’en a pas pour autant oublié ses racines. On retourne à un black bien plus traditionnel avec "Det Svartner Paa Likbleik Hud" ou encore "Naa Er Hele Livet Paa Ravnens Bord" et des intonations qui ont fait le succès des Norvégiens. Mais je pense que le titre qui divisera le moins est sans contexte "Banker Som Doedningeknoker" qui est typiquement ce qu’un bon morceau de black norvégien devrait être. Et encore une fois, qu’est-ce que c’est efficace, bordel ! Il n’y a rien à jeter dans ce groupe. L’album se terminera sur "Alt Som Var Her Er Borte" qui fait une nouvelle fois un usage judicieux de cette fameuse guitare accoustique qui commence à prendre sérieusement ses aises sur les morceaux de Djevel. Et ce n’est pas pour me déplaire, qu’on se le dise.

Je n’ai aucune idée de ce qui a pu se dire sur cet album, mais je pense que ce sera néanmoins l’album de la division. Djevel a testé des choses, a expérimenté d’autres approches, et cela se ressent dans l’album. Une attention plus portée sur des mélodies qu’on n’aurait pas trouvé sur les albums précédents, de grands moments laissés à l’introspection avec des passages entièrement accoustiques… Djevel semble avoir retrouvé une nouvelle fraîcheur. Et si personnellement je suis toujours aussi convaincue et que j’ai toujours envie de crier au monde à quel point Djevel c’est génial, je sens que cela pourrait coincer pour certains qui y verraient un album un peu plus faible que les précédents. Mais pour moi, les Norvégiens ont réussi à se renouveler sans trahir ce qu’ils sont, et c’est un sacré pari de relevé. Et bordel, qu’est-ce que j’ai envie de voir ces nouveaux morceaux en live !


Velgbortlivet
Juillet 2018




"Norske Ritualer"
Note : 19,5/20

Encore un album que j’avais précommandé (ce qui est rare pour moi, sachez-le) et qui au final a passé trop de temps sur mon étagère à me narguer car je n’avais pas le temps de l’écouter. Soyons clairs : Djevel a été une véritable révélation pour moi. Depuis la sortie de "Besatt Av Maane Og Natt", je n’ai plus lâché ce groupe. Et le fait d’avoir l’occasion de les voir en live à Bergen n’a fait que confirmer cette impression : j’adore ce groupe et je le revendique. J’attendais donc leur nouvel album en trépignant, quasi en tapant du pied avec impatience et en me rongeant les ongles. Et quand la date de sortie a été repoussée, j’ai même poussé un grognement furieux en public. Pour moi, Djevel est l’un des rares groupes de black à sortir son épingle du jeu, et l’un des rares qui a encore une telle intensité de nos jours. Et pouvoir enfin écouter cet album est un plaisir.

L’album se compose donc de 8 titres. Le premier, "Vi Slakter Den Første Og Den Andre Den Tredje Lar Vi Gaa Mot Nord", est sans doute celui qui a le plus tourné en boucle chez moi durant les dernières semaines, car j’essayais tant bien que mal de contenir mon impatience en écoutant les premières chansons qui étaient dévoilées. Et ce titre ne m’a nullement déçue, il m’a plutôt totalement emballée pour la suite. Ce titre reprend Djevel là où nous les avions laissés : enragés, en Norvège, et en pleine explosion de talent. Jouissif. Suit "Jeg Maner Eder Alle" qui n’a fait que renforcer mon enthousiasme alors que je criais à qui voulait l’entendre que Djevel c’était génial. Le travail sur les instruments est tout simplement remarquable, mais une fois encore ce sont des noms assez connus de la scène norvégienne qu’on retrouve sous les capuchons de Djevel. Cela n’a donc rien d’étonnant.

On attaque ensuite le second titre qui avait été révélé avant la sortie de l’album, j’ai nommé "Doedskraft Og Tri Nagler". En sachant que Hoest de Taake, alias mon vocaliste préféré de black, était un guest sur ce morceau, il m’aurait fallu bien plus de trois clous pour ôter le sourire satisfait qui s’était installé sur mon visage. Et très simplement, je dirais que ce morceau pourrait servir d’illustration à ce qu’est un morceau de black norvégien réussi. Tout est réuni pour que le mélange marche, et surprise, il fonctionne à la perfection. Djevel est désormais une machine bien rôdée. Suit "Med Christi Legeme Og Blod Under Hoeiere Fod" qui continue de me plaire et de me parler instantanément. Je suis vraiment un bon public.

Surprise de l’album, un titre instrumental est également présent, "Til Mitt Kjaere Norge". Et je pense que ce titre m’a tout simplement parlé car je suis clairement en manque de la Norvège et de Bergen. Eh oui, je suis désolée, mais à un certain moment la neutralité s’efface devant les expériences personnelles, et ça a été le cas pour ce titre précis qui m’a touché. Beaucoup d’amour pour la Norvège, tout ça, tout ça. On retourne pourtant à la violence avec "Med Tornespiger Var Han Haengt" et que dire à part que ce titre est une véritable tuerie ? Je pense qu’il s’agit de l’un des meilleurs de l’album. Et encore une fois, je plaide coupable face à ma faiblesse assumée pour les choeurs en voix claires qui ont ici une puissance incroyable mélés aux riffs endiablés de la guitare, et la sauvagerie de la batterie. Qu’est ce que vous voulez que je critique à ce niveau-là ? Si vous avez répondu rien, c’est une bonne réponse. Viennent ensuite "Maatte Vetter Rase Som Aldrig Foer" et "Afgrunds Engle" qui achèvent cet album en apothéose. Le dernier titre en particulier joue avec subtilité entre différents rythmes et registres, et est tout bonnement exceptionnel.

Je ne vais pas mentir, j’ai toujours été acquise à Djevel et ce dès ma première écoute. Mais j’ai la véritable impression que ce groupe continue de se bonnifier avec le temps et que chaque album est meilleur que le précédent. Les Norvégiens portent avec fierté et honneur la flamme du black metal, et cet album est une franche réussite. On ne va pas se mentir : il n’y a RIEN à jeter. Absolument RIEN. Et cela me réjouit.


Velgbortlivet
Décembre 2016




"Saa Raa Og Kald"
Note : 17/20

J’avoue avoir reçu cet album un grand sourire aux lèvres. J’avais déjà été chargée de chroniquer leur petit dernier, et voir Djevel revenir est pour moi une source d’enthousiasme considérable. Ce "super-groupe" norvégien avait pour moi gagné ses galons, et avait dépassé cette dimension assez ennuyeuse du groupe norvégien random fait avec des amis qui n’ont pas eu l’occasion de jouer ensemble, et qui veulent rattraper le temps perdu en faisant des trucs plus ou moins discutables. Sans plus attendre, attaquons nous à l’album.

Ce troisième album du groupe s’ouvre sur "Skritt For Skritt Mot Mareritt". Introduction bizarre au possible, avec des espèces de geignements et déblatérations aussitôt suivis par une guitare relativement old-school rappelant la joie des années 90 dans le black metal. C’est sans doute la façon que Djevel a de nous communiquer que leur leitmotiv n’a pas changé, et qu’ils évolueront toujours dans le plus pur respect de la tradition. Et vu la facilité avec laquelle ils évoluent dans cette dite tradition, je ne peux que me réjouir davantage. Avec "Vaar Forbannede Jord", on attaque le gros du sujet. Et bon sang, je retrouve ce groupe que j’adore dès les premiers accords. Encore une fois, ça sonne résolument norvégien. Parce que oui, je ne le répéterai jamais assez, il y a vraiment un son norvégien. Galvanisée par ces premières réussites, j’attaque "Hode Og Hals I Doedsvals" sans douter ne serait-ce qu’une seconde d’être convaincue par ce que je vais entendre. Et en effet, je ne suis pas déçue, loin de là. La maîtrise du groupe est remarquable. Ils jouent avec perfection sur le côté old school mais proposent un contenu des plus réjouissants. Sentir le poids de la tradition appuyer sur cet album est déjà notable en soi, mais assister au transcendement de cette même tradition est encore plus jouissif. Il me semblait avoir noté dans ma précédente chronique que je considérais que Djevel faisait partie de ces formations qui pourraient porter le black metal norvégien pour les années à venir. Je réitère donc cette affirmation. On risque d’entendre parler d’eux pendant un long moment, à ma grande satisfaction.

"Om Prest Og Pest" s’ouvre sur ce qui semble être un vieil enregistrement en norvégien (dont j’ignore hélas la provenance). Mais un nouveau déchaînement de violence glaciale ne tarde pas à déferler dans nos oreilles. Les vocaux sont incisifs, la guitare pèse, et la batterie assène avec brutalité sa patte dans nos têtes. Avec "Norges Land Og Rike", on va toucher à nouveau sujet qui se démarque de façon claire dans les groupes de black norvégien : l’amour du pays. Djevel fait partie de ces groupes qui respectent leur patrie d’origine, et honorent son histoire et ses traditions. Ceux qui me connaissent, ou qui m’ont déjà lue, savent que c’est également un domaine qui me passionne, et c’est donc avec joie que j’accueille tout groupe se lançant dans ce délire précis. Et sur ce titre précis, on retrouve encore et toujours ce son norvégien tellement précis, qu’on entend aussi sur Enslaved ou Taake pour ne citer qu’eux. Ce son, reconnaissable entre mille, où tu reconnais tellement la Norvège. Quasi on a pas besoin de préciser que c’est norvégien tellement ça s’entend. Mais bon sang que ce titre est joussif !

Poursuivons avec "I En Iskald Grav" qui apparaît comme un interlude orchestral, froid au possible mais distillant parfaitement l’atmosphère que cherche à instaurer Djevel. Encore une réussite en totale cohérence avec le reste de l’album. Retour à la violence avec "De Som Hadde Onde Eeyne" où on assiste à une prépondérance de la batterie. Toujours entraînant et parfaitement rythmée, ce titre est tout aussi convaicants que les précédents. Et moi, je commence à me demander où se situe la faiblesse de cet album et de Djevel de façon plus générale. "Salmesang Og Knokkelklang" est dans la lignée du titre précédent. Encore une fois, pas de fioritures inutiles, le groupe va droit au but et ne nous laisse aucun moment de répit. On en vient à "Saa Raa Og Kald", le titre qui a donné son nom à l’album. Et encore une fois, je ne trouve pas de point négatif. Bien entendu, cela me réjouit car Djevel est un groupe que j’adore mais... ça a tendance à me frustrer également car je suis du genre à chercher la petite bête. Et ne pas la trouver me perturbe. Dernière chance de trouver un élément dérangeant avec "I Vaar Herres Navn...". Mais ce titre jouant davantage le rôle d’une outro, je n’en ai pas trouvé. Bon d’accord, il n’y avait aucun suspens. L’atmosphère est toujours là, bien présente. Rien n’est détérioré, bref c’est propre, c’est beau, ça me convient.

Alors ce nouvel album de Djevel ? Eh bien, il réunit tout ce que j’attendais du groupe. Du black purement norvégien, dans le respect de la tradition mais sans se laisser bouffer par cette dernière. Un groupe qui apparaît donc comme un hommage vivant aux années 90, mais qui incarne aussi la promesse d’un futur réjouissant pour le black metal. Un paradoxe, mais quel paradoxe. Djevel a pour moi encore de belles années à venir, et je ne serais pas mécontente s’ils décidaient de ramener leur aura malfaisante aux alentours de Bergen prochainement. Moi, je reste convaincue et encore mieux ravie de mon écoute. Et ça arrive assez peu souvent pour le souligner.


Velgbortlivet
Mai 2015




"Besatt Av Maane Og Natt"
Note : 18/20

Djevel est un groupe norvégien, fondé en 2009. On y retrouve des personnalités connues de la scène norvégienne comme Erlend Hjelvik qu’on connaît pour son rôle de frontman dans Kvelertak, et Mannevond de Koldbrann. Deux groupes auxquels vous devriez accorder votre attention, si ce n’est pas déjà le cas. C’est juste un conseil (que j’estime avisé !). Revenons à Djevel. Le titre du groupe et de l’album sont évocateurs. Ca va parler de la nature, de solitude et de forêts glaciales sous une lune d’hiver... oups je m’emballe. Tout pour me plaire !

Je ne vais pas vous mentir. Dès la première chanson (qui porte le même titre que l’album), je me suis pris une tarte dans la tronche. C’est puissant. Les vocaux transperçent littéralement. Guitare et batterie forment un duo de choix, qui martèle nos tympans. Et on redemande. Le deuxième titre "Aapne Graver Og Tomme Kister" s’ouvre avec des vocaux proprement lancinants, accompagnés par un travail à la guitare tout simplement remarquable. Franchement, on est face à un black metal certes traditionnel, mais qui envoie grave la pâtée. Personnellement, je vois bien la forêt éclairée par les pâles lueurs de la lune présentée sur l’artwork. On est en plein dedans. Je sentirais presque un brin de nostalgie dans le morceau... sensation qui va perdurer jusqu’à la fin de l’album. Il est d’ailleurs difficile de résister au rythme du morceau qui finit par nous emporter qu’on le veuille ou non (mais nous le voulons, donc tout va bien, non ?).

"Marefar" est encore une fois un exemple de choix, en ce qui concerne cette subtile coexistence entre haine et nostalgie. C’est vraiment la guitare qui donne la tonalité émotionnelle, accompagnée par les autres instruments. Une de mes chansons préférées de cet album est justement le titre suivant "Tornekroner Og Geitehorn". Là encore, on fait face à une avalanche de puissance. Et j’avoue m’être surprise à gueuler en coeur le titre de la chanson... Pas mal pour une première écoute, dis donc ! Le titre suivant "Blant Fjell Og Falne" est une instrumentale. Encore une fois, peut-être que je me suis tapée un bad trip pendant la chanson, mais j’ai nettement pu imaginer les fjords norvégiens en hiver, et les feuilles tombant lentement des arbres... C’est un interlude très mélancolique auquel on a le droit après un déversement de violence, mais tellement agréable. L’occasion de planer un peu...

Car après cette brève pause, on retourne à la violence avec "Stjernesluker" qui remet de l’eau au moulin des Norvégiens (cette phrase sonne tellement mal ...!). Le tout est parfaitement maîtrisé et franchement je tire mon chapeau à Hjelvik pour ses vocaux... Ils étaient déjà très bons dans Kvelertak, mais là on assiste à une véritable révélation ! Et ô surprise, des petits "choeurs" lointains, et je n’ai pas pu m’empêcher de penser à des groupes comme Taake employant le même genre de choeurs. Septième titre "Og Englene Dinglet Fra Galgene". Que dire ? C’est du bon. Du très bon même. Et je commence vraiment à me demander pourquoi je n’ai pas écouté ce groupe plus tôt. Et il y a vraiment cette petite touche spéciale, qu’on ne retrouve que chez les groupes norvégiens et qui reste indescriptible. Mention spéciale au dernier morceau "Saa Tok Alt Slutt", où des voix claires font leur apparition et ajoutent une dimension presque mystique au titre. Du grand art.

Je n’ai pas grand-chose de négatif à dire sur ce groupe. Ce deuxième album est une réussite totale, qui plaira sans nul doute aux fans de black metal norvégien. Preuve que la scène norvégienne a encore des choses à offrir, et pas des moindres. Maintenant, excusez-moi mais je me dois me procurer ces deux albums en format physique. Parce que quand on aime, on supporte (c’était le message moralisateur du jour, merci !).


Velgbortlivet
Août 2013


Conclusion
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