Le groupe
Biographie :

Scarab est un groupe de death metal égyptien formé en 2001 sous le nom de Hate Suffocation (jusqu'en 2006) et actuellement composé de : Al-Sharif Marzeban (guitare / ex-Hate Suffocation, Crescent), Tarek Amr (guitare / ex-Hate Suffocation), Sammy Sayed (chant / ex-Hate Suffocation, Ethereal Credence), Amir El-Saidi (batterie), Ahmed Abdel Samad (basse / ex-Osiris). Scarab sort son premier album, "Blinding The Masses" en Août 2009, suivi de "Serpents Of The Nile", en Mars 2015 chez ViciSolum Productions, et de "Martyrs Of The Storm" en Mars 2020.

Discographie :

2007 : "Valley Of The Sandwalkers" (EP)
2009 : "Blinding The Masses"
2015 : "Serpents Of The Nile"
2020 : "Martyrs Of The Storm"


Les chroniques


"Martyrs Of The Storm"
Note : 15/20

Cinq années se sont déjà écoulées depuis la sortie de "Serpents Of The Nile", il était donc temps que Scarab revienne à la charge. C'est chose faite avec "Martyrs Of The Storm" qui devrait nous mettre une bonne dose de death oriental dans les oreilles, oui, je sais, comme d'habitude ça fait penser à un groupe américain bien connu mais si vous vous penchez sur la musique de Scarab, vous verrez que la comparaison n'a pas lieu d'être.

On retrouve évidemment du death et des sonorités orientales mais comme je l'avais souligné lors de la chronique de "Serpents Of The Nile", Scarab a sa personnalité et pratique ce mélange à sa façon. Déjà puisque le groupe est égyptien les sonorités orientales sont réellement intégrées aux compositions et ne servent pas de gimmick. Si certains en font une utilisation un peu trop timide, là on se retrouve avec un groupe qui unit vraiment les deux univers en un tout indivisible et le rendu est évidemment bien plus prenant. En tout cas, chez Scarab, on ne prend pas de gants et l'album s'ouvre sur le morceau éponyme qui dépasse les sept minutes, comme ça les choses sont claires dès le départ ! Une entrée en matière qui confirme que le groupe n'a rien perdu de sa patate et qui nous fait retrouver avec plaisir ces riffs et mélodies clairement orientaux mélangés à un death violent et puissant. Pas de déferlante de blasts supersoniques ici, même si la violence se fait une place non négligeable. Scarab sait qu'un passage brutal a plus d'impact s'il est mélangé à d'autres plus lourds et les riffs casseurs de nuque sont légion sur ce nouvel album. On trouve tout ce qu'il faut pour concasser les tympans que ce soit le mid-tempo ravageur, les riffs puissants et brutaux, les blasts sans pitié, les mélodies bien poisseuses, rien ne manque et l'efficacité de la bête est indéniable malgré la longueur de certains morceaux. On note aussi pas mal de guests sur ce nouvel dont Karl Sanders, Amduscias (Temple Of Baal) ou Joe Haley (Psycroptic) entre autres.

Comme sur "Serpents Of The Nile", les morceaux sont denses et les structures bougent beaucoup, on passe du mid-tempo au gros blast qui tâche pour enchaîner sur des mélodies bien sombres ou des ambiances orientales en un clin d'oeil. Pas d'incohérence pour autant et Scarab arrive à rendre ses morceaux vivants et variés sans jamais perdre en intensité, un équilibre pas évident à trouver que le groupe arrive pourtant à maintenir. En termes d'intensité, "The Dwellers Beneath" a ce qu'il faut, il y en a même à revendre là-dessus tant ce morceau nous roule dessus pendant six minutes ! Le mid-tempo de "Oblivious Sanctum" qui le suit fait presque du bien à entendre alors que les riffs sont de véritables bulldozers qui prennent un malin plaisir à écraser tous les tympans qui passent par là, d'autant que les blasts trouvent quand même un moyen de se faufiler. Il faut croire que ces cinq années passées depuis "Serpents Of The Nile" ont donné envie à Scarab de foncer dans le tas parce que ce nouvel album est assez brutal dans son genre, peut-être même plus que son prédécesseur. Les cinquantes minutes que dure "Martyrs Of The Storm" laissent à genoux tant les morceaux sont denses et sans pitié, que ce soit en termes de brutalité ou de lourdeur. Le groupe confirme qu'il n'est pas un clone de Nile, qu'il a sa patte et qu'il y a autre chose à proposer quand on pratique un death metal aux sonorités orientales.

Voilà donc un nouvel album limite plus méchant que son prédécesseur et toujours aussi varié, équilibré et intense. Les cinquante minutes de "Martyrs Of The Storm" vont en laisser quelques uns sur le carreau et ceux qui ne connaîtraient pas encore Scarab vont se prendre une belle rafale de phalanges dans la mâchoire !


Murderworks
Mai 2020




"Serpents Of The Nile"
Note : 15/20

Scarab s'était déjà fait repérer avec son premier EP "Valley Of The Sandwalkers", le premier album "Blinding The Masses" avait suivi en 2009 et reprenait d'ailleurs deux morceaux de ce même EP. Près de six ans auront été nécessaires pour que "Serpents Of The Nile" voit le jour, cette fois chez ViciSolum Productions.

J'ai souvent vu la musique de Scarab associée à celle de Nile, sous prétexte que le groupe est égyptien et fait du death metal. Cependant si la comparaison est compréhensible, assimiler le groupe à une copie de Nile est tout de même sacrément réducteur, parce que si on trouve effectivement du death agrémenté de sonorités orientales la ressemblance s'arrête là. Le groupe a sa propre formule et ne se contente pas de plagier un grand nom de la scène, quant aux sonorités orientales, elles sont tout à fait légitimes compte tenu du pays d'origine du groupe. L'album commence d'ailleurs par une intro de près de 3 minutes blindées justement de ces fameuses sonorités, une vraie réussite soit dit en passant. Un growl fait le lien avec le premier véritable morceau "Visions Of A Blood River", les sonorités orientales se mélangent à des riffs purement death qui font monter la sauce progressivement jusqu'au riff rouleau compresseur et le tapis de double grosse caisse qui lancent réellement la machine. Si le blast est présent chez Scarab, il n'est jamais supersonique comme chez Nile, les deux groupes n'utilisent pas du tout la brutalité de la même manière. Scarab préfère miser sur les riffs écrasants et les ambiances sombres, réduire l'auditeur en bouillie sous un feu nourri constamment ne l'intéresse pas. Quelques claviers très discrets placent des nappes en fond pour appuyer les ambiances et certaines mélodies, ce qui mine de rien renforce l'univers que le groupe met sur pied tout au long de l'album. La durée des morceaux peut d'ailleurs donner une indication sur la démarche du groupe, la plupart tapent allègrement dans les 6 ou 7 minutes, et plusieurs d'entre eux s'aventurent vers les 9 minutes !

En ce qui concerne le mélange des sonorités orientales et du death, il faut avouer qu'il est bien mieux réalisé chez Scarab que chez Nile, au lieu de ne constituer qu'une intro, un instrumental en milieu d'album ou une petite touche dans un ou deux morceaux, les deux facettes sont réellement en osmose chez Scarab. Le groupe joue du death mais en utilisant les harmonies et les gammes propres aux musiques traditionnelles orientales, ce qui pour le coup donne réellement un mélange intéressant des deux mondes. Les autres groupes qui se lancent dans ce mélange n'en restent qu'à un stade assez superficiel, proposant un death metal brutal et basique vaguement agrémenté de quelques notes qui rappellent les sonorités orientales. D'ailleurs quand Scarab les délaisse un peu pour laisser plus de place au death pur, ça donne un morceau comme "Funeral Pharaoh" qui est très bon mais qui nous fait quand même ressentir qu'il manque quelque chose par rapport aux précédents morceaux de l'album, c'est dire à quel point ils ont réussi leur pari en mélangeant les deux ! Globalement la qualité de ce nouvel album permet de comprendre pourquoi six années le séparent de son prédécesseur, le groupe a pris le temps d'affiner sa personnalité et les progrès sont réels. Que ce soit en termes de composition ou même de production, il y a une sacrée progression depuis "Blinding The Masses", si le groupe continue sur ce chemin ça pourrait faire des étincelles à l'avenir.

Bon, finalement, j'aurai moi aussi fait des comparaisons avec Nile, mais j'espère avoir démontré que la musique de Scarab s'en détache beaucoup et ne constitue pas du tout une repompe d'un des gros vendeurs du death. Scarab a sa patte, il fait sa propre version du death metal oriental et il le fait très bien. Je conseille fortement l'écoute de ce nouvel album à n'importe quel amateur de death en général, les riffs sont là, la violence aussi et les progrès accomplis depuis le premier album sont flagrants.


Murderworks
Avril 2015


Conclusion
Le site officiel : www.scarabegypt.com