Le groupe
Biographie :

Soulfly (littéralement "âme volante" en anglais) est un groupe de metal brésilien fondé par Max Cavalera en 1997, à Belo Horizonte. Le groupe est principalement classé dans le thrash metal et le death metal avec des éléments de hardcore et de nu metal. Max Cavalera, qui était fondateur, guitariste et chanteur de Sepultura, a quitté le groupe suite à des désaccords personnels. Le groupe a sorti onze albums studio, un EP, plusieurs singles et un DVD. Le groupe a connu de nombreux changements de line-up mais Cavalera reste le seul membre constant. Soulfly a intégré plusieurs styles de metal avec la musique tribale et la musique brésilienne. Les thèmes principaux sont le spirituel et la religion, mais les albums suivants englobant les thèmes comme la guerre, la violence, l'agression, la haine et la colère.

Discographie :

1998 : "Soulfly"
2000 : "Primitive"
2002 : "3"
2004 : "Prophecy"
2005 : "Dark Ages"
2008 : "Conquer"
2010 : "Omen"
2012 : "Enslaved"
2013 : "Savages"
2015 : "Archangel"
2018 : "Ritual"


Les chroniques


"Ritual"
Note : 17/20

Impossible pour vous de ne pas connaître Soulfly ou du moins sa tête pensante, le célèbre Max Cavalera (guitare / chant / sitar, Cavalera Conspiracy, Killer Be Killed, ex- Sepultura). Créé à la suite de son départ de Sepultura, le frontman fonde Soulfly avec un premier line-up. En parlant du line-up, il est stable depuis 2015 avec Marc Rizzo (guitare, Cavalera Conspiracy), Zyon Cavalera (batterie, Lody Kong) et Mike Leon (basse, The Absence, ex- Havok) depuis 2015, mais quelques musiciens de renom sont passés par l’aventure Soulfly : Cello Dias, Roy Mayorga, Logan Mader, Mikey Doling ou Tony Campos pour ne citer qu’eux. Et cette année, c’est le onzième album du groupe qui sort, "Ritual". Le son du groupe a bien changé depuis ce mélange néo / tribal des débuts pour devenir un groove / thrash / death, mais la volonté est restée la même. Des invités sur cet album ? Peut-être, qui sait !

L’album débute avec les percussions tribales de "Ritual" et un riff dissonant qui nous mène à cette rythmique fracassante et imposante. Le chant de Max est toujours aussi puissant, et je comprends pourquoi cet album de Soulfly était aussi attendu. Les hurlements rageurs collent à la perfection à l’instrumentale, et quelques choeurs renforcent cet aspect tribal. On passe assez rapidement à "Dead Behind The Eyes", le second titre avec la voix de Randy Blythe (Lamb Of God, Burn The Priest) pour accompagner celle du fondateur du groupe. A nouveau, c’est une rythmique très entraînante qui nous arrive en pleine face, et tout est fait pour provoquer le headbang chez l’auditeur. On passe à "The Summoning" après un passage assez intéressant bien qu’assez disruptif des habitudes du groupe, mais le blast revient très vite nous frapper. Des sonorités plus sombres et perçantes sur ce morceau, mais toujours un mélange thrash / death assez moderne qui enchaîne parfaitement parties lead et rythmique saccadée bourrée d’harmoniques.

Les amateurs de grosse basse vont être aux anges sur "Evil Empowered", car c’est le titre le plus lourd et assommant de l’album. Même s’il y a quelques petits moments de pause, la lourdeur revient à la charge quelques secondes après et il est impossible de ne pas hocher la tête dessus. Je sens d’ici les moshs et autres wall of death… On passe à "Under Rapture", et force est de constater que le groupe ne faiblit pas ! C’est à nouveau une explosion de violence à laquelle nous faisons face, et même si certains leads tendent à adoucir le son, la rythmique est toujours aussi lourde. Et pour renforcer cette tranche de violence grasse, Ross Dolan (Immolation) vient ajouter sa voix sur un passage plutôt rapide. Le groupe se calme avec l’introduction acoustique de "Demonized", mais la suite repart sur des riffs plus violents, dont certains assez dissonants. Arrivant progressivement, le titre se révèle être finalement une excellente surprise qui mêle habilement énormément d’influences. Une flûte introduit paisiblement "Blood On The Streets", un titre où Max chante avec son frère Igor Cavalera pour un duo tout aussi groovy que violent et motivant. On repart sur de la v… des harmo… bon les deux en fait avec "Bite The Bullet". Je vous avoue que le tapping d’entrée m’a surpris, mais le reste du titre rattrape finalement cette surprise, tout comme sur "Feedback!", qui mélange un heavy entraînant et un groove metal que l’on connaît au groupe. Plus le titre avance, et plus je suis dubitatif sur ce mélange, qui détonne clairement avec le reste de l’album. Il me faudra plusieurs écoutes pour m’y habituer. Comme à son habitude, le groupe termine par un titre instrumental. Instruments folkloriques et saxophone (oui) se rencontrent sur "Soulfly XI", le morceau de clôture.

Soulfly, c’est une base qui grossit à chaque nouvelle production, et "Ritual" semble avoir atteint un point culminant dans la carrière du groupe, alors que beaucoup trouvaient l’album précédent excellent. L’album est très accrocheur, et même si les derniers morceaux provoquent une rupture presque totale avec le style massif qu’on connaît au groupe, ce nouvel album est tout bonnement excellent.


Matthieu
Janvier 2019




"Archangel"
Note : 14/20

Nul besoin en 2015 de vous présenter un groupe tel que Soulfly qui, malgré le temps qui passe, reste toujours dans le coup. Deux ans après le très correct "Savages", les voici qui reviennent avec un nouvel album assez différent, mais qui s'inscrit dans une certaine suite logique, comme nous pourrons l'évoquer ici. Comme souvent chez Nuclear Blast, on a du gros budget, avec une pochette enfin jolie, signée Eliran Kantor (Testament, Iced earth, Sodom) et une production assurée par Matt Hyde (Slayer, Children Of Bodom...).

Il n'est pas nouveau que ce bon vieux Max soit branché religion, mais je crois qu'il a indéniablement franchi un cap, voire pété un câble, sur cet album. Celle-ci semble omniprésente, et entre bruits de cathédrale et chants mystiques ("Shamash" par exemple), on sent une drôle d'ambiance. Cela ne gâche pas tout, mais je sais pas, c'est bizarre, j'ai vraiment eu du mal à accrocher. Ceci étant précisé, on peut toutefois aborder l'écoute de cet album sans trop de craintes. Personnellement, j'avais peur d'être déçu, mais je dois avouer que cet album est loin d'être une bouse. Alors certes, ceux qui ont abandonné Soulfly il y a une dizaine d'années, ou même ceux qui n'ont jamais aimé, vous n'accrocherez certainement pas à cet "Archangel", c'est clair et net.

Mais pour les fans inconditionnels du gros Max et de sa troupe, cet album s'écoute sans problème. Dès "We Sold Our Souls To Metal", on est dans le bain, on reconnaît rapidement le coup de griffe du gros Max, et ses textes en anglais dignes d'un enfant de 8 ans. Les riffs de Marc Rizzo (Cavalera Conspiracy) assurent le minimum syndical, de même pour les cordes vocales du gros Max, qui font toujours allègrement trembler nos oreilles. En revanche, j'ai beaucoup plus de mal à accepter cette batterie désastreuse, voire tout simplement absente, très mal assurée par le fils Cavalera, Zyon. On est loin, très très loin, de tout le talent et la maîtrise d'un Igor Cavalera. Dommage.

Au final, le bilan est plutôt positif, même si on trouvera toujours à redire sur un groupe qui n'est plus ce qu'il était, et qui a toujours eu du mal à conquérir les fans de Sepultura. On pourra enfin saluer les présences de Todd Jones (Nails) sur "Sodomites", Matt Young (King Parrot) sur "Live Life Hard !", ainsi que de Richie (Incite) et Igor (Lody Kong) Cavalera sur la dernière piste, "Mother Of Dragons". On fera avec !


Grouge
Août 2015




"Savages"
Note : 10/20

Soulfly, nouvel album, eh ouais... déjà... On peut dire que Max Cavalera ne chôme pas, il enchaîne les albums et les projets divers. Max Cavalera fait d'ailleurs partie de ces personnes qui ont autant de fans que de détracteurs, moi je suis fan mais je reste malgré tout objectif. En effet, Soulfly a eu tendance à tourner en rond ces dernières années et la sortie d'"Enslaved" fut un bonheur tellement cet album était bon. Qu'en est-il du nouveau intitulé "Savages" ???

Plus haut, je disais "déjà" car cet album sort moins de deux ans après le précédent, c'est très court ! Qu'est ce qui a changé ? Eh bien, premier changement et pas des moindres, exit David Kinkade, welcome Zyon Cavalera. Ouais, Kinkade s'est barré au début de la tournée d'"Enslaved" et a été remplacé par le fiston de Max. Bon, le fiston sait jouer, mais on est loin du talent et de l'expérience de Kinkade. Sinon, Campos est toujours là et Rizzo, je pense pas qu'il soit près de partir. Au niveau technique, on est plus ou moins en terrain connu. Rizzo est toujours aussi doué à la guitare. Max assure bien ses vocals. Alors oui, Max joue aussi de la guitare, mais en live Rizzo assure la majorité de la gratte, on peut supposer qu'en studio aussi. Campos, on ne l'entend pas des masses dans le mix... A la batterie, même s'il joue très très bien, on a fait quelques pas en arrière depuis "Enslaved", bye bye les blasts et la double pédale... Maintenant au niveau de la musique, on est assis le cul entre deux chaises. Dans la même compo on peut se retrouver avec un riff génial et la minute d'après on se demande comment la chanson peut devenir une telle daube... Au niveau des paroles, Max, comme à son habitude, recycle ses paroles et on a de plus en plus l'impression d'entendre les mêmes mots d'album en album (ex : "Downstroy", "Seek And Strike", "Zyon", etc...). Les chansons sont assez simples dans leur structure et il n'y a pas grand chose qui accroche l'auditeur à part les quelques riffs ou passages vraiment réussis mais qui débouchent sur rien en l'espace de moins d'une minute ! Reste les invités, tels que Igor Cavalera (non, pas le frère de Max, le fils de Max... ne cherchez pas...) ainsi que Jamie Hanks (I Declare War), Neil Fallon (Clutch), Mitch Harris (Napalm Death). Ces titres sont plus ou moins sympa, celui avec Mitch Harris est même très sympa, mais ça ne casse pas trois pattes à un canard... On a droit aussi à un titre en "langue-de-là-bas" avec Campos, passage obligé, mais encore une fois pour un résultat un peu moyen. Un autre truc qui cloche, et déjà sur "Enslaved" on avait cette tendance d'album "en kit". Si tu prends l'album "normal", il te manque deux chansons par rapport à l'édition limitée. On me dira "ouais mais ce sont des titres bonus". Mon cul, ouais. L'instrumental, marque de fabrique de Soulfly, dans les bonus ? C'est juste pour obliger à prendre l'édition limitée.

Sinon, la production globale de l'album est bonne mais la pochette est très laide. En même temps, toutes les pochettes de Soulfly sont laides... Donc voilà, un album qui alterne le bon et le très mauvais... Il serait peut-être temps que Max prenne un peu de congés pour s'aérer la tête et se ressourcer, il tire sur la corde et elle est en train de lâcher... Je tiens à préciser que la note aurait été plus dure si je n'avais pas été fan de Soulfly et de Max ! Grosse déception que cet album !


Danivempire
Octobre 2013




"Enslaved"
Note : 18/20

Max Cavalera  !!! Rien qu'à la lecture de ce nom, certains d'entre vous auront déjà fuit par la fenêtre. Syndrome du "Je crache dans ma soupe". Ce nom est limite parfois devenu un "gros mot" comme on dit, le nom d'un "has been" etc. Pourtant le bonhomme a marqué au fer rouge l'histoire du metal, que ce soit avec Sepultura, Soulfly, Cavalera Conspiracy ou même Nailbomb. Alors oui, c'est sûr que le repos il ne connaît pas trop. Quand il n'est pas en studio, il tourne. Quand il ne tourne pas, il est en studio et entre tout ça, eh bien il mange des chips.

Alors ici, nouvel album de Soulfy, "Enslaved". Thème principal, l'esclavage. Nouveau line-up aussi en partie. Welcome Tony Campos (ex-Static-X, Asesino) à la basse et welcome aussi David Kinkade (Borknagar) à la batterie. Marc Rizzo est, quant à lui, toujours présent à la gratte. Cet album apporte une nouveauté par rapport aux anciens, une certaine touche "death" appuyée par la batterie, le plus gros changement. En effet, la différence au niveau de la basse n'est pas toujours super notable. Par contre, la batterie, des blasts, de la double pédale à une vitesse de psycho-dingue et un énorme groove mêlé à un jeu assez brutal. Ne tournons pas autour du pot, cet album est grand et pour preuve, voici quelques uns des gros morceaux de bravoure de cet album : "World Scum" avec Travis Ryan, chanson très typée death qui parle de tous les maux de la terre, assassinat etc, sur un ton martial, à gros renfort de grosse double pédale et de blast. "Gladiator", chanson très rapide et brutale avec des passages atmosphériques à la gratte, refrain super accrocheur. "Redemption Of Man By God" avec Dez Fafara et son intro super noire, un duo qui marche à cent pour cent et encore plein d'accroches vocales. "Treachery" avec son début de folie. "Plata O Plomo" avec Campos qui rejoint Max au micro, pour une chanson intégralement en V.O dans le texte, un groove énorme, Rizzo qui vient claquer une guitare flamenco sur un riff bien brutal. "Revengeance", chanson "familiale" avec ses fils Zyon à la batterie, Igro à la gratte et micro et Richie au micro. Max ne joue pas d'instrument, il est juste au micro. Cette chanson tranche vraiment par rapport au reste (forcément), titre mid tempo très très lourd qui parle du meurtre de Dana, qui restera toujours une cicatrice ouverte pour le clan Cavalera. Le tout se termine quelques titres plus tard par un instrumental, très atmosphérique accompagné d'un violon. Rizzo, comme toujours, est partout avec sa guitare, avec ses sonorités propres et ses solos survoltés.

Max, qui nous a habitués à une voix gutturale, va, par moments, encore plus dans les graves dans cet album. La batterie est excellente. Les titres tous plus accrocheurs les uns que les autres. Un son nickel. Le seul truc qui cloche, la pochette, je la trouve juste affreuse mais bon hein, ce n'est pas grave. Le cru Cavalera 2012 est bon, très bon, très très bon !!!


Danivempire
Mars 2012




"Omen"
Note : 17/20

Alors voilà une chronique faite en vacances, sur un mini PC portable et en slip... En effet, après avoir lu mes emails en vitesse en profitant des minutes gratuites Wi-Fi de l'office du tourisme de Gruissan, j'ai eu une requête pour défendre cet album injustemment trainé dans la boue... Est-il besoin de présenter Soulfly, groupe créé des cendres de Sepultura depuis le tragique split fin 96... Max Cavalera nous présente ici sont septième album nommé "Omen".

Au programme 40 minutes de furie n'en déplaise à certains. Soulfly a laissé de côté cette fois l'aspect tribal pour un metal plus "in your face" sans concession. Comme souvent, nous avons droit à des duos sur les titres "Rise Of The Fallen" et "Lethal Injection". Cet album est un condensé de thrash - death old school saupoudré de punk, les riffs sont simples ainsi que les structures des titres mais au moins on va droit au but, sans fioriture, du gros thrash dans ta tronche. Les thèmes sont assez malsains, voire gore tel le titre Jeffrey Dahmer véritable hymne à un monstre urbain bien réel dont la violence du titre et les paroles collent parfaitement à ce personnage immonde. Les riffs mélodiques couplés à ceux ultra rapides font mal aux tympans, et Marc Rizzo remet une couche avec ses solos plaqués comme toujours avec justesse. La batterie, tel un métronome, est là pour faire mal et la double pédale est là pour réjouir et faire secouer la tête. La voix de Max, reconnaissable entre mille, est toujours là pour faire saigner les tympans, son joli ton rauque et caverneux aussi doux qu'une pluie de cailloux en travers la gueule, ooooooooooh oui j'aime ça... Tout au long de l'album il beugle comme il se doit et il maîtrise toujours son art. En clair Soulfly laisse tomber un peu le côté tribal / ethnique pour faire dans le violent et simple, sans être trop simpliste non plus. Certes les riffs ne sont pas nouveaux mais ils sont efficaces. Dire que Max n'a plus d'inspiration comme je l'ai lu sur le net est pure connerie, sa plume est toujours imbibée du sang des impurs qui souffrent en écoutant cet album. Et oui, certains crachent sur le groupe et cet album, peut-être recherchent-ils du metal moderne, complexe. Toute une nouvelle génération (que, au détour de festivals et autres, j'ai pu observer) qui prône une nouvelle ouverture d'esprit, des métalleux qui aiment tout le monde, qui écoutent du rap aussi ("on n'est pas des méchants m'dame, on écoute aussi de la chanson Française m'dame"), qui en gros n'aiment pas l'image du gros métalleux bourrin, crade et violent. Eh bien cet album n'est pas fait pour vous en effet, cet album est violent, crade, agressif, prend à la gorge et est là pour faire mal. Accalmie pour terminer... "Soulfly VII" titre très atmosphérique est superbe, titre idéal que j'imaginerais bien en live quand le groupe est sorti de scène, permettant de visualiser les dégâts sur le sol de la salle... Niveau production sonore, rien à redire, du tout bon...

Pour finir, Si vous aimez Soulfly vous aimerez cet album. Si vous êtes une petite tapette new metal "Ki-Aime-Tout-Le-Monde-Kikoolol" vous n'aimerez pas cet album... Mais au cas où, venez quand même voir Soulfly en live, comme ça nous les métalleux machos-bourrins-pleins-de-bière on pourra écraser vos petites gueules de fiottes à coup de combat-shoes dans le pit en écoutant de la bonne musique.


Danivempire
Août 2010


Conclusion
Le site officiel : www.soulflyweb.com