Le groupe
Biographie :

The Project Hate MCMXCIX est un groupe de death metal suédois avec de fortes influences industrielles, originaire d'Örebro en Suède. Le groupe a été formé en 1999 par Lord K. Philipson (Leukemia, House Of Usher, Lame) et Jörgen Sandström (Entombed, Grave, Vicious Art et Krux). Après être passé notamment par Massacre Records (dont le premier album "Cybersonic Superchrist" en 2000) et Season Of Mist ("Bleeding The New Apocalypse (Cum Victriciis In Manibus Armis)" en 2011), le groupe est en autoproduction depuis "The Cadaverous Retaliation Agenda" en 2012.

Discographie :

1998 : "Deadmarch: Initiation Of Blasphemy"
2000 : "Cybersonic Superchrist"
2001 : "When We Are Done, Your Flesh Will Be Ours"
2002 : "Killing Hellsinki" (Live)
2003 : "Hate Dominate Congregate Eliminate"
2005 : "Armageddon March Ethernal - Symphonies of Slit Wrists"
2007 : "In Hora Mortis Nostræ"
2009 : "The Lustrate Process"
2011 : "Bleeding The New Apocalypse (Cum Victriciis In Manibus Armis)"
2012 : "The Cadaverous Retaliation Agenda"
2014 : "There Is No Earth I Will Leave Unscorched"
2017 : "Of Chaos And Carnal Pleasures"
2018 : "Death Ritual Covenant"
2020 : "Purgatory"


Les chroniques


"Purgatory"
Note : 16/20

Si vous traînez par ici, vous connaissez The Project Hate MCMXCIX, groupe formé en 1999 comme son nom l'indique et qui sort cette année son treizième album, "Purgatory". Si vous êtes passés à côté, disons que le groupe pratique un death metal indus qui n'hésite pas à fricoter avec pas mal d'autres styles de metal.

Comme pour les précédents albums, "Purgatory" est constitué de six morceaux dont la durée avoisine les douze minutes pour un total d'une heure vingt de musique, autant dire que tout ça va être dense ! Le style du groupe n'a quasiment pas bougé depuis les débuts et on retrouve ce death indus massif parsemé de passages goth, doom, un poil de thrash et un chant féminin qui donne souvent la réplique aux growls bien arrachés de Lord K. Philipson. Les amateurs de blasts seront déçus puisque The Project Hate MCMXCIX préfère le mid-tempo bien écrasant et sa mélodie se fait assez mélodique même si toujours sombre et assez froide. "Kill Everyone" ouvre l'album avec plus de treize minutes au compteur et en dehors d'une petite fantaisie limite djent pendant un break avec des guitares accordées bien bas, on retrouve bien la patte The Project Hate MCMXCIX. Les passages les plus durs et les plus sombres sont régulièrement contrebalancés par d'autres plus mélodiques voire très accrocheurs et le chant d'Ellinor Asp dont la voix est légèrement cassée nous change des chanteuses lyriques habituelles en plus de bien coller à la musique du groupe. Avec des morceaux aussi longs, vous vous doutez bien qu'il ne va pas falloir s'attendre à une structure classique couplets – refrains. Sans être difficile à aborder, la musique du groupe est tout de même très dense et va demander pas mal d'attention tant les ambiances changent au sein d'un même morceau. Par exemple, pour rester sur "Kill Everyone", on a du death bien lourd et sombre, un passage limite djent, un autre très death mélodique suédois, un simili refrain catchy en chant clair avant de partir faire un tour sur le dancefloor, bref c'est l'auberge espagnole musicale ! Un minimum d'ouverture d'esprit et des goûts assez larges sont évidemment requis pour pouvoir accrocher à tout ça.

Pour autant, tout s'imbrique plutôt bien et "Purgatory" ne vire jamais au gros bordel qui se contenterait d'entasser le plus de sonorités possibles. De toute façon, The Project Hate MCMXCIX pratique ce genre de mélange depuis suffisamment longtemps pour savoir comment le doser et ce nouvel album le confirme. Quelques blasts viennent tout de même égayer la fête de temps en temps, ce qui ne fait pas mal sachant que le mid-tempo à outrance peut être un peu lourd (dans le mauvais sens du terme). De gros blasts nous accueillent d'ailleurs dès le début de "Atonement" et de "Diatribe Cult" et j'ai l'impression que sur ce nouvel album le groupe varie un peu plus les tempos et hésite moins à rentrer dans le tas que sur ses précédents travaux, une bonne nouvelle puisque cela donne plus de dynamisme, d'efficacité et de patate à l'ensemble. Les contrastes sont bien utilisés et se font même très marqués en fin d'album puisque après un "Greatness" mélodique et accrocheur qui amène quelques sonorités orientales discrètes déboule "Birth", qui présente pour le coup une ambiance bien plus lourde et surtout bien plus malsaine que le reste de l'album. Une façon de termine ce nouvel opus sur une note marquante et plus noire. Niveau son, pour une fois, je ne vais pas râler sur la batterie trop synthétique pour la simple et bonne raison que cela colle bien au délire indus et ambiances froides du groupe et qu'en plus elle sonne tout de même de façon plus puissante que chez certains. Le fait que ce soit Dirk Verbeuren qui tienne les baguettes cette fois explique peut-être cette légère augmentation du recours aux blasts par rapport aux anciens albums, le bonhomme est tellement doué pour jouer tout et n'importe quoi qu'il serait dommage de s'en priver.

Si vous connaissiez déjà The Project Hate MCMXCIX, vous allez très vite vous sentir à la maison, les autres risquent d'être décontenancés devant la densité de la chose et la variété des sonorités utilisées.


Murderworks
Juin 2020




"Death Ritual Covenant"
Note : 16/20

C'est toujours une immence joie quand le groupe sort un album car on sait que c'est toujours de la bonne came. En effet, on peut compter sur Lord K. (le grand manitou des instruments, au mix, et autres peaufinements) pour la qualité des opus. Le précédent, "Of Chaos And Carnal Pleasures" datant de 2017, a d'ailleurs mis la barre très haut avec des titres monumentaux et totalement géniaux. Aujourd'hui, avec la sorti de leur douzième, "Death Ritual Covenant", on peut dire qu'il est difficile de passer dernière...

En effetn lorsqu'on atteint l'excellence suprême, on attend la même chose pour les travaux qui suivent mais hélas, on le sait bien, ce n'est évidemment pas toujours possible, même quand on a le talent et l'inspiration. Vous l'aurez donc compris, ce nouvel opus est moins bon que le précédent, le contraire aurait été honnêtement peu probable, mais même en sachant cela on ne peut s'empêcher d'avoir une petite déception. Mais pas de panique, même s'il ne touche pas les sommets, il est tout de même très bon ! Quoi de plus normal pour The Project Hate. Le groupe nous a concocté six nouveaux et assez longs morceaux avec encore une fois la participation de Lasse Johansson à la guitare lead, Johan Hegg et Lawrence Mackrory au chant. A l'écoute, on se rend vite compte que ces morceaux ne sont pas tous égaux et se révélent plus ou moins bons. Il y a donc les pépites qui sont au même niveau que le précédent opus et ceux qui nous laissent dubitatifs.

Commencons par le positif avec trois titres qui rendent heureux. Le morceau-titre "Death Ritual Covenant" qui ouvre la dance infernale est plus que positif ! C'est un vrai bijou jouissif qui nous donne des frissons tout du long et qui nous met dans une transe de bonheur. Cela peut paraître bête dit comme ça mais ce titre a vraiment un pouvoir ! C'est froid et pesant avec le gros son de guitare et de basse que l'on aime tant chez le groupe. Une masse de musique toujours en mouvement et changeante, se transformant au fur et à mesure. Toujours autant progressif et surprenant, on est parfois très étonnés de l'enchaînement des parties. Les passages de chant si particulier d'Ellinor sont aussi très souvent à contre-courant allant vers le gospel, le rap ou même la pop joyeuse ! Une folie largement appréciée qui contre-balance à merveille avec les growls de Jorgen. Le tout est parfait dans cette musique complexe et sinueuse, à chaque moment on se dit "Waaaaaah".... Ils ont frappé fort !

Les deux autres titres sont eux aussi très bons mais n'égalent pas "Death Ritual Covenant" qui nous a littéralement retourné. On a "Through Fire There Is Cleansing" qui est bien chaotique étant donné tout ce qu'il nous propose, il s'agit sûrement du morceau le plus extrême et sombre mais avec des parties de chant très mélodique qui tranchent vraiment. Sans parler du long passage électronique complétement fou ! "The Eating Of The Impure Young" est aussi très indus, avec la basse qui rend totalement fou tellement c'est génial. On a de la maîtrise, de l'émotion, de la technicité et de l'originalité, et on se prend tout ça en pleine tête.

On retombe ensuite d'un cran avec des morceaux beaucoup moins intéressants qui tournent un peu en rond et qui n'ont pas cette étincelle qu'ont les autres. C'est le cas de "Legions" qui devient plus sympa vers la fin mais qui ne réussit pas à captiver. Avis mitigé aussi pour "Inferno" qui contient de sublimes moments et d'autres passe-partout qui nous laissent sur notre faim. Et enfin, l'incompréhension totale arrive avec le dernier titre, "Solemn", plus léger, dans un style doom mélancolique, il se révéle très vite lassant et mou...

On a donc trois excellents morceaux et trois autres que l'on oubliera vite, il est donc difficile de juger vraiment cet opus qui fait les montagnes russes. Lorsqu'on le compare avec le précédent, forcément on ne peut qu'être déçus mais rien n'est vraiment à jeter cependant. A voir ce que le groupe nous proposera dans le futur.


Nymphadora
Septembre 2018




"Of Chaos And Carnal Pleasures"
Note : 19/20

Quoi de plus normal pour TPH de sortir un bon album ? Le groupe a en effet de nombreux opus de qualité parmi les dix précédents de sa discographie. Certains comme "The Cadaverous Retaliation Agenda" datant de 2012 sont même remarquablement excellents. Les Suédois, qui n'ont pas froid aux yeux, ont cherché une fois de plus à nous éblouir avec leur musique et ont réussi avec ce nouvel album "Of Chaos And Carnal Pleasures". Une nouvelle pierre à leur édifice qui confirme que c'est un groupe d’exception !

"There Is Not Earth I Will Leave Unscorched", en 2015, avait marqué un petit tournant dans leur carrière avec un changement de line-up à la batterie et au chant, on sentait alors comme un léger battement et une musique parfois approximative bien que tout à fait convenable. Là, il s'agit du même line-up mais sans les petits defauts, comme s'il leur avait fallu du temps pour bien se connaître et s'allier dans leur art. C'est donc le deuxième album avec la nouvelle chanteuse Ellinor Asp et on remarque assez vite que sa voix est beaucoup plus contrôlée, moins dans la force et l'excès à tout-va. On retrouve son chant très particulier, avec toujours beaucoup de personnalité, mais plus poli et dilué, alors qu'elle affiche un talent intact comme dans l’excellent titre "Allegiance" où elle excelle.

Ce chant, qui envoie dans la démonstration et l'énergie, avec des accents gospel, n'est pas seul et s'accorde parfaitement aux growls de Jorgen Sandstrom qui sont, eux, bien plus graves et mornes. Et comme à leur habitude, une multitude de guests ont participé à rendre les morceaux encore plus variés, notamment avec la participation de Johan Hegg (Amon Amarth), Lawrence Mackrory, Erik Rundqvist (ex-Vomitory) et Lars Palmqvist (Scar Symmetry) au chant. Le groupe a même eu l'honneur d'avoir Lars Johansson de Candlemass pour composer et enregistrer les solos de l'opus ! Une belle brochette qui n'est pas là pour rien car le grand manitou de The Project Hate, Lord K Philipson, est un vrai génie et sait rendre sa musique au maximum attractive et ne laisse rien au hazard.

Avec cet opus, TPH suit le même chemin que le précédent avec une musique de plus en plus extrême mêlant du gros death et du black à de l'indus déjanté. Le côté progressif est encore plus poussé, avec de longs morceaux tortueux comme "Blood Design". Dans "Sulphur" également, on passe du tout au tout au fil des minutes qui s'écoulent. Les riffs sont toujours aussi tranchants, pesants, et techniques avec cet pointe de core et de djent vraiment agréable ! Ainsi, les compositions sont toujours travaillées à la perfection jusqu’aux arrangements et ambiances diverses souvent orientales. Il y a beaucoup d'éléments, d’enchevêtrements et pourtant cela reste toujours clair et ça ne devient jamais du n'importe quoi. Les Suédois ne se perdent pas en route et envoient donc une musique carrée. "Reign" est un des titres les plus complexes avec de nombreuses informations, un indus très electronique et de nombreux changements mais pourtant cela fonctionne. On a également une musique encore plus froide comme dans le morceau bien lourd "Perversion", et plus même dramatique avec notamment "Treacherous" qu'il l'est aussi dans les paroles. D'ailleurs, pour chaque titre, les textes ont une grande importance, ils sont aussi longs et riches que la musique, ils donnent du corps et de l’âme à l'art de TPH.

La magie est plus que présente sur ce "Of Chaos And Carnal Pleasures" qui est sans doute l'un de leurs meilleurs opus, et le plus complet et abouti. Avec ces six titres, on est comblé et même s'il faut tenir bon car c'est très complexe et dense, cela en vaut la chandelle ! Le groupe ne connaît pas la fainéantise et a donné tout son talent à cette pépite. C'est un sacré programme que cet album et cela nécessitera plusieurs écoutes pour en cerner toute les facettes.


Nymphadora
Février 2017




"There Is No Earth I Will Leave Unscorched"
Note : 15/20

Et voilà, 10 albums ! En à peine 15 ans de carrière, The Project Hate MCMXCIX n’a pas chômé et a enchaîné les sorties. Le dernier et excellent opus en date "The Cadaverous Retaliation Agenda" de 2012 avait particulièrement marqué les esprits. Et aujourd’hui, le groupe revient quelque peu changé avec le nouveau "There Is No Earth I Will Leave Unscorched", changé car il y a eu des modification de line-up. Il y a donc un nouveau batteur, Dirk Verbeuren, et une nouvelle chanteuse, Ellinor, remplaçant ainsi la Portugaise Ruby Roque. Jörgen Sandström et Lord K. Philipson s’entourent alors de ces deux membres pour cet album. Et on parle aussi de changement car leur vision du groupe et donc de leur musique a évolué.

A l’écoute des 6 titres ayant une durée totale d’une heure vingt, on ressent effectivement quelques différences avec leur discographie passée. Globalement, c’est un peu plus bourrin et clairement plus accès black / death. On retrouve bien sûr tout ce qui fait ce groupe si particulier avec une personnalité musicale très marquée comme le côté pêchu, la densité et cette volonté de faire quelque chose de fou mais plus malsain. C’est toujours aussi technique et décalé, avec une basse toujours aussi époustouflante nous en mettant plein la vue ! Le bouleversement de l’album est surtout dû au chant féminin d'Ellinor. En effet, loin d’être basique, il sort complétement de l’ordinaire ! Au début c’est déstabilisant car sa voix est vraiment particulière, mixant du heavy à la Doro avec un côté éraillé à la Morgan Lacroix du groupe Mandragora Scream. Mais on s’y habitue et son timbre de voix devient vite un point positif et original !

Ils se sont aussi lâchés au niveau des guests et n'ont pas choisi les plus mauvais ! Niveau guitariste, il y a Henrik Danhage de Evergrey, Mike Wead de King Diamond et Lars Johansson de Candlemass ! Bon, pour le chant, c’est pareil, avec notament Erik Rundqvist (ex-Vomitory) ou Ross Dolan d’Immolation tout de même! Il y a donc pas mal de monde et niveau chant, c’est bien varié. Les interactions sont parfaitement exécutées et on remarque que le chant féminin prend plus de place qu’auparavant. On ressent qu’Ellinor a déjà pris une grande place dans le groupe, notamment parce que c’est elle qui a écrit les textes. Le degré de difficulté des constructions a encore augmenté avec "There Is No Earth I Will Leave Unscorched" et c’est surtout le cas pour le premier titre qui est aussi sans doute le meilleur, "Holy Ground Is Not Safe Anymore". C’est juste une bombe, on a beaucoup d’informations à analyser à cause de sa densité mais vu que c’est bien fait, cela ne devient à aucun moment brouillon. Le titre est alors tantôt brutal, mélodique ou très décalé avec des passages hispaniques ou plus gospel, très étrange et lumineux à la fois. On retrouve ce genre d’ambiance dans presque tous les autres titres.

"Behold As I Become The Great Cold Betrayer" est plus simple avec des accents orientaux. Il y a moins d'éléments mais est tout aussi percutant. Certains passages font un peu penser à Archenemy et cela montre leur facilité à mélanger les styles sans se perdre. Ce morceau est également plus aérien avec des moments plus légers faisant respirer cet album très fourni. Ses 14 minutes deviennent cependant un problème et on a vraiment du mal à tenir jusqu'à la fin. Le titre qui est clairement typé black / death est "You I Smite, Servent Of The Light". On y retrouve des atmosphères un peu à la Behemoth ou Septicflesh. C’est dommage que certains riffs soit moins accrocheurs, cependant la froideur du morceau et les passages enfantins sont assez sympa. Malgré le côté très rentre-dedans du groupe, il y a toujours des parties plus mélodiques et c’est le cas dans "Into The Mouth Of Belial". "Defy Those Words Of Who Was, Who Is, And Who Is To Me" est dans le même registre avec des orchestrations quasi symphoniques et épiques. Certaines mélodies carrément pop rock sont surprenantes. Et enfin, "The Gospel Of The Flesh And All His Sins" donne une touche de fraîcheur dynamique à la fin de l’opus.

Le travail et l’imagination résument assez bien les Suédois de TPH. Ce sont d’excellents musiciens passionnés par leur musique et c’est pour ça que leurs albums sont toujours de qualité. Ils ont osé le changement et le rendu est plutôt bon. Il y a cependant quelques longueurs à la fin des morceaux, cela est peut-être dû à la grande densité d’informations sur de longs morceaux. On ne leur en voudra pas pour cela car globalement on passe un super moment de musique !


Nymphadora
Janvier 2015




"The Cadaverous Retaliation Agenda"
Note : 17/20

Avec un neuvième album et pas des moindres, les ovnis suédois de The Project Hate MCMXCIX nous reviennent avec du lourd ! "The Cadaverous Retaliation Agenda" oeuvre dans un death industriel plus progressif que jamais avec des influences doom et mélodiques. Une bonne tartine originale en soi avec du beau monde ayant participé en guest, dont de nombreux guitaristes pour les solos. Chaque piste est dense et détaillée à la perfection avec la basse mise plus en avant, ce qui donne un son énorme ! L'album se compose de 12 pistes, dont 6 intermèdes liant avec brio, et faisant respirer les 6 autres morceaux durant tout de même de 9 à 15 minutes.

L'introduction "DCLXI" est une ouverture sensationnelle pour l'opus. Elle est courte mais poignante, avec des orchestrations sombres et énigmatiques, nous mettant de suite dans le vif du sujet. Ensuite, "I Feed You The Flesh Of Your Poisonous Christ" nous offre de savants mélanges avec des moments lourds, des ambiances plus aériennes ou orientales, ou encore futuristes avec des sonorités électroniques décapantes ! Les growls de Jörgen Sandström qui vont plutôt vers le grindcore bien gras et grave se marient bien au chant clair féminin de Ruby Roque qui apporte de la finesse. Les orchestrations sont bien dosés et donnent de l'envergure. Les 15 minutes passent relativement vite car il y a beaucoup de variations. Ainsi, on ne sait absolument pas ce qui nous attend et ça, c'est très plaisant. Et au lieu de devenir brouillon, c'est tout à fait le contraire car la construction est complexe mais précise. "We Watch In Silence As The Earth Turns To Blood" débute de façon dynamique. Ce titre est plus lumineux mais ça ne l’empêche pas d’etre bourrin ! Effectivement ça réveille ! Le voix de Ruby est vraiment particulière avec un timbre entre le heavy / hard rock et mélodique. Les ambiances, quant à elles, sont variées et envoûtantes. Puis "Conquering The Throne Of The Cadaverous"est mélodique et dansante lorsque retentissent les sonorités orientales. Le tout avec force comme ils savent bien le faire ! Certains passages sont plus atmosphériques et flippants. Il y a même un beau moment acoustique planant, détonant totalement avec la brutalité. "The Great Retaliation Is Upon Them" se compose de riffs plus old school avec des sons electro plutôt étranges et des orchestrations majestueuses et aériennes. Ca groove et envoie du lourd ! Dans son ensemble plus rapide, "Carving The Tongues Which Speak Of Salvation" se rapproche plus du black / death metal. En effet, ce titre est froid et plus sombre mais dommage qu'il n'y ait pas de partie de chant black car cela aurait été le summum ! Le violon flottant au dessus des autres instruments rend le morceau poétique. Et enfin "The Judas Agenda" est un titre sans chant débutant doucement puis se déchaînant comme une raffale rageuse.

Cet album a sans doute demandé beaucoup de travail au vu de la perfection de la production et des compositions. Entre violence et mélodie, cet opus est ambitieux et riche. Il nécessitera cependant plusieurs écoutes dû à sa complexité.


Nymphadora
Janvier 2013




"Bleeding The New Apocalypse (Cum Victriciis In Manibus Armis)"
Note : 16/20

On ne peut pas dire que The Project Hate MCMXCIX fasse partie des groupes les plus connus dans la scène metal et assimilés. Ils viennent de sortir leur septième album, "Bleeding The New Apocalypse (Cum Victriciis In Manibus Armis)", et on ne peut pas dire que ce soit l'effervescence chez les chevelus. Manque de promotion jusqu'à maintenant peut-être ?

Le groupe est composé de membres de Dark Funeral, de Grave, Vomitory et qui se retrouvent quasiment tous aussi dans Torture Division. Bref ce ne sont pas vraiment des débutants dans le genre, et ça se ressent sur leurs galettes. Je parlais plus haut d'un manque de reconnaissance qui pourrait être imputé au manque de communication autour du groupe, peut-être mais la qualité ne peut pas être remise en cause. Par contre c'est clair que si vous voulez apprécier leurs albums à leur juste valeur il va falloir vous accrocher.

Déjà à cause de la longueur des morceaux, sur cet album il y en a six et ils oscillent entre 9 et 13 minutes. Ensuite parce que ces mecs n'ont vraiment pas choisi la simplicité et ont décidé de sortir totalement des genres de leurs groupes respectifs. D'ailleurs il va être difficile de catégoriser clairement la musique de The Project Hate puisque les influences sont multiples (euphémisme quand tu nous tiens). On a forcément les sonorités death old school qui ressortent de temps en temps, rien de plus normal vu le pedigree des membres de la bande. Là où c'est plus surprenant c'est quand vous mélangez ça avec des voix black, des passages limites gothic metal, des riffs thrash (comme sur le démarrage du premier morceau, "Iezus Nazareus, Servus Mei") de l'electro plus une chanteuse qui vient régulièrement rendre le tout plus mélodieux.

Alors dit comme ça ça doit sûrement évoquer un bordel monstre et inaudible, mais pas du tout puisqu'ils savent où ils veulent aller et qu'après 6 albums ce serait quand même malheureux qu'ils se cherchent encore. Et le plus étonnant dans tout ça, c'est que malgré la longueur et la complexité des morceaux ça reste accrocheur. Bon je n'irai peut être pas non plus jusqu'à chanter l'album sous la douche faut pas pousser, mais la richesse de l'album ne le rend pas indigeste pour autant. Et c'est à ça qu'on reconnaît le talent de composition, plus d'une heure de musique et on ne s'emmerde jamais.

J'aurais bien du mal à rapprocher la musique de ce groupe de celle d'un autre puisque le mélange est assez unique dans son genre, mais bon la magie du net fait que vous aurez vite fait d'aller jeter une oreille à tout ça pour voir si la mixture peut passer sans faire trop de dégâts. Parce que mine de rien ça doit repousser pas mal de monde tout ça, quand on voit les metalleux se tirer dans les pattes entre micro-chapelles respectives on comprend que The Project Hate ne déchaîne pas les foules. Et c'est bien dommage, parce que des musiciens capables de mélanger tant d'influences sans en faire un foutoir ça ne court pas les rues.

Malgré ça l'album est quand même relativement sombre et parsemé de passages bien agressifs comme il faut pour qu'on s'y reconnaisse un minimum. Au niveau du son c'est pareil, on reconnaît les guitares bien grasses elles aussi héritées du death old school (bon c'est pas le son Entombed non plus hein), et surtout bien puissant. En même temps je n'ose pas imaginer ce que ce mélange aurait pu donner avec une prod' approximative. Même la basse est bien mise en valeur, pourtant entre tous les instruments, les différentes voix (impressionnant là aussi, growl, voix black, chant féminin etc...) plus les quelques orchestrations qui débarquent derrière ça n'a pas dû être évident de tout faire ressortir clairement.

Donc voilà, si vous ne connaissez pas encore The Project Hate MCMXCIX et que vous cherchez quelque chose de novateur, varié, riche et qui vous occupera plus de 2 écoutes avant de partir à la poubelle je crois que vous venez de trouver l'heureux élu. Parce qu'il va en falloir du temps pour bien digérer tout ça, mais bon quand on aime on ne compte pas et vous ne devriez pas être déçus du voyage. Par contre pour ceux qui se limitent à un style de musique en particulier, cet album va être un véritable calvaire.


Murderworks
Mars 2011




"The Lustrate Process"
Note : 11/20

The Project Hate MCMXCIX est un groupe suédois, comment je le sais ? Facile, il y a des "Ö" et des "Â" dans les noms des membres du groupe ! Dingue hein ! Je ne suis pas fan de Columbo pour rien ! Le groupe nous sert ici en plat principal sont sixième opus, ce qui fait que nous n'avons pas affaire à des débutants. Dans quel style évolue ce groupe me direz-vous ? Et bien nous dirons un mélange de death mélodique, une pointe de progressif, et pas mal de passages extrêmement mélodico-mous.

Certaines personnes référencent ce groupe en tant que death extrême... Chose à laquelle je réponds : "Toi, tu n'as jamais entendu du metal extrême, coco...". La voix est bien gutturale, mais la musique est bien melodeath. Et là, intervient la deuxième voix, féminine, mélodique à donf, et votre humble serviteur a horreur de ça... Le côté death est plutôt bien géré même si le côté mélo me saoule parfois, mais la partie ou devrais-je plutôt dire LES parties féminines accompagnées de piano me gavent à mort... Je n'aime absolument pas, à partir de là, difficile d'être objectif et impartial. Le groupe commence avec un titre de 12 minutes 55, il faut oser, ils ont osé, je n'ai pas aimé. Les titres sont malgré tout bien écrits, bien travaillés, le son est parfait, mais je bloque sur le côté féminin et mélo du groupe.

Pour ma part, je n'ai rien trouvé à sauver sur cet album, les chansons sont longues, très longues et quand on n'aime pas cela devient vite un supplice. Alors si vous aimez le melodeath avec une voix féminine et une voix gutturale, tentez le coup, cela pourrait vous plaire, moi je retourne mettre de l'essence dans ma tronçonneuse, je suis en manque...


Danivempire
Juillet 2009


Conclusion
Le site officiel : www.theprojecthate.net