"Hatred And Strengh"
Note : 15/20
Il y a des groupes qui n'ont parfois pas de chance, où il arrive quelques galères qui font qu'un album peut prendre énormément de retard pour sa sortie et qui finalement lorsqu'il est enfin là, peut faire l'effet d'un pétard mouillé...
Et comme ce que l'on peut lire dans les questionnaires de CDthèque, créés par Pete et adressés à certains membres de groupes ; notamment à la question "quel est l'album le plus révolutionnaire mais qui n'a rien révolutionné du tout ?" on y a souvent vu "Chinese Democracy" qui avec le temps en ce qui me concerne est un formidable album, ou encore on aurait pu lire Loudblast "Frozen Moments Between..." qui lui aussi avec le temps s'avère un album bourré de qualité... Et j'en arrive donc à Warattah et ce premier album tant attendu "Hatred And Strength". On pourrait immédiatement le classer dans cette catégorie de non révolution...
Oui, j'en entends déjà hurler haro sur le baudet, me fustiger comme un pestiféré en manifestant une indignation des plus violentes... Mais lisez donc ces lignes jusqu'à la fin avant de vous faire des raccourcis trop rapides...
Cet album de Warrattah, on ne peut pas nier qu'on l'a attendu il était annoncé depuis des lustres... Maintenant effectivement que tous les retards sont le fait de la fatalité... Mais il est malheureusement vrai, qu'il sort aujourd'hui et aussi talentueux qu'il puisse être, avec toute la faune qu'il y a autour, avant, après, à venir, ça va être difficile de se faire une place, à moins de jouer sévèrement des coudes... Alors qu'en effet à la première écoute, ou plutôt à l'écoute des premiers morceaux on peut rapidement se dire que Warattah c'est sympa, mais depuis leur démo de 2006 qui pourtant a fait le tour de l'hexagone avec mention spéciale auprès de la plupart des magazines et webzines, de l'eau a coulé sous les ponts et cinq ans de séparation entre une démo et un premier album, beaucoup de gens aujourd'hui ont la mémoire courte...
Par conséquent tout est, non pas à refaire, mais à remettre en tête, et entre temps pleins de formations sont arrivées pour occuper les places vides...
Pourtant ce n'est pas sans compter sur la technique de Khris et sa bande, si déjà à l'époque de Kortex (ou Khortex, je ne sais plus trop), la démo qu'ils avaient sorti dans les années 90 tenait largement la route et l'on pouvait y entendre un style proche de Pantera tant dans le hurlement du chant que dans le style propre, maintenant c'est une époque révolue. En effet Warattah a évolué à des années lumières de ce qu'ils faisaient il y a quinze ans et comme on a l'habitude de donner des étiquettes pour ne pas perdre nos repères et l'équilibre, on pourrait dire que Warattah propose un thrash / power moderne. Thrash parce que les riffs s'approchent de cette manière de jouer, agressive et violente, mais surtout moderne en fait. Moderne parce que les sonorités et la patte créative se rapprochent juste pour donner un aperçu, de la violence et de la mélodie de groupes tels que Xtrunk, toute comparaison proportionnelle gardée évidemment.
Et c'est vrai que ce qui ressort en priorité chez Warattah c'est cette technique complexe au niveau des guitares. On entre dans quelque chose qui offre toujours beaucoup de difficultés dans l'exercice et c'est peut-être parfois plus facile à créer pour son compositeur qu'à assimiler pour l'auditeur quand on reste dans l'écoute de la musique pour la musique et non pas pour la technique. Au final c'est surtout un metal burné, technique, avec des incursions, des envies, des passages plus mélodiques parfois qui se profile sur cet album. Des morceaux comme "Creepy Generation" en sont un bel exemple.
Bizarrement est-ce que c'est parce que eux aussi ont travaillé avec Mobo pour la réalisation de cet album, ou est-ce que c'est parce que Mobo ne travaille sans doute qu'avec des groupes dans lesquels se situent ses goûts musicaux, mais on peut y faire quelques fois un parallèle dans la technique de Warattah avec Simplixity. Je veux dire parfois, qu'il y a quelques passages vraiment complexes où l'on a du mal à totalement assimiler ce qui a été écrit, tellement la technique complexe de l'instrumentiste prend le dessus sur la mélodie compréhensible. Ça ne gâche rien, c'est juste un constat.
C'est ce qui fait certainement une des forces de cet album, cette facilité à écrire des morceaux difficiles...
Après, on peut parler de la voix de Khris, et de cette réputation qu'il a de posséder une puissance vocale tant sur scène qu'en studio. Et c'est sur cette base d'ailleurs qu'on entame l'écoute de l'album, sauf qu'au premier titre "Blood Red Fury", l'impression a été toute autre. Sur le coup c'était : "Woaw, c'est quoi cette voix ? Où est la grosse claque qu'on avait envie de prendre ?" Parce que c'est vrai qu'au départ de ce morceau je n'ai pas eu l'impression qu'elle avait vraiment été mise en valeur et qu'au contraire on l'avait un peu tempérée pour ne pas qu'elle explose littéralement. Ce n'est peut-être qu'une interprétation auditive personnelle, mais en tous les cas, c'est la variation vocale qu'il peut avoir sur certains morceaux qui ont bluffé l'écoute. Des titres comme "Adversity & Love" où encore une fois si on peut y faire un comparatif douteux, mais sans doute réaliste, viennent poser les bases d'une aération utile et harmonieuse ; En effet on se retrouve avec un titre où les refrains mid-tempo mais toujours techniques viennent au niveau du chant donner un aperçu du panel vocal de Khris qui vient prendre, en doublant ses voix claires, quelques airs du chanteur de Limp Bizkit.
Au final, même si pour moi la voix n'a pas eu la puissance qu'elle aurait mérité au niveau de la production, on constate que ce mec sait chanter indéniablement, que ce soit en hurlé, en clair ou nettement plus guttural...
On parlait de thrash, eh bien on s'aperçoit aussi que le groupe n'est pas né de la dernière pluie et qu'il a écouté ses classiques, car au delà de riffs vraiment techniques, quasi psychopathes et angoissant sur "Adversity & Love", on distingue malgré tout dans ce démarrage de morceau, mais aussi sur des titres tels que "The Void", il plane encore les fantômes de certains groupe thrash Américains des années 80 old school, même si cela reste anecdotique dans les morceaux.
En fait Warattah arrive à trouver sa propre voie musicale au travers d'une musique très groovy dans l'ensemble, agressive avec un savoir-faire plus qu'efficace qui n'est pas sans rappeler parfois un petit Meshuggah.
Je ne cacherai pas que j'ai accepté cette chronique avec une idée préconçue à la base, qu'on en faisait des caisses pour Warattah et que c'était peut-être pas forcément justifié...
Alors après écoutes successives, on ne pourra pas enlever la qualité d'écriture des morceaux, vraiment composés d'une manière sophistiquée ou l'énergie qui s'en dégage n'a d'égal que la technique des ses musiciens, guitaristes, bassiste et batteur compris, ce que l'on savoure sur le solo de "Metal". Maintenant il est aussi possible que cette dextérité mêlée à un style moderne qui bien que puissant, peut en freiner quelques uns. C'est d'ailleurs comme cela que l'on se fait son propre public. 14 titres sur une heure de temps, peut sembler long, mais heureusement que le chant est également un outil indispensable aux variations musicales, ce que Khris maîtrise complètement.
Donc en quelques mots, mettant de côté tout a priori, ce "Hatred And Strength" fera ou ne fera pas de buzz, mais on ne niera pas l'efficacité des morceaux, la compétence d'écriture des passages techniques ou Warattah pourrait laisser dans son sillage des écumes de Coroner-Meshuggah agrémentées d'un groove à toute épreuve...
Laissez vous donc tenter par l'aventure Warattah, vous pourriez trouver cela agréable...
"Distorsion"
Note : 14/20
Warattah est peut-être un nom qui ne vous parle pas encore mais les trois musiciens qui composent le groupe ne sont pas des novices, on retrouve notamment Khris, guitariste / chanteur qui officiait auparavant au sein d'un groupe que j'appellerai "O". Le combo Bordelais nous présente donc sa première démo "Distorsion" et le maître mot est bel et bien "metal" ! Les quatre titres qui la composent sont basés sur des riffs puissants, une batterie infatiguable, un chant rageur et une basse qui sent bon le groove. Il est bien difficile de coller une étiquette à Warattah. Hormis "Skulls In A River Bed" et sa petite touche mélodique sur le refrain, la rage et la percussion des morceaux me rappellent assez les Texans de Pissing Razors avec leur power metal. Hasard ou coïncidence, on trouve sur cette démo toute l'énergie et la puissance qui faisait défaut sur le dernier album de "0" ("The Void"). Ce n'est pas non plus le son massif de cette galette qui me contredira, à noter d'ailleurs la touche finale apportée au mastering par Mobo (Jenx, End., Sunken...), le monsieur "gros son" du metal. Quoiqu'il en soit, Warattah frappe fort d'entrée avec "Distorsion" et il ne fait aucun doute que le trio est prêt à en découdre avec la scène !
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